98 IIJSTOI HE SOCfALISTE peuvent-elle, arnir pris naissance dans un état social de ce genre? Xe furent-elles pas rrt;ér-. principalcmenl pour faire régner l'ordre parmi Jrs C'SclaYt\s ? 1> 1.a loi municipale qui fut faite dans le même temps ne marqua pas non plus un proc:rès sensible dans la voie libérale et n'eut pour effet crue de compléter le systt·mC' dr la domination do la classe censitaire.. Les conseils mu1licipaux élus par les plus iinposés d'entre les contribuables; les fonctionnaires, I<'::o, fficiers minis~ léricls, les avocats et les mt'dccins inscrits sur la liste électorale ; les maires des petites communes nommés par les préfets, el ceux des grandes par le roi, lei esl le bilan de celle loi où l'esprit censitaire se mêla ù l'esprit napoléonien pour étouffer tout cs:;ai <le ,·ic municipale. Le grand débat de cette session fut la loi électorale. Celte loi fut à la mesure des précéclenl<'s. « Xos chambres décrépites, dit \'ictor Hugo, procréent à cette heure une infinité de petites lois culs-de-jatte, qui, à peine nées, branlent la tête comme dt• vieilles femmes, et n'ont plus de dents pour mordre les abus.» C'est profondémc-nl exact, cl \ïclor llugo aYait raison de crier aux législaleuN: • Yous avez la vieillc,sc, mais vous n'avez pas la maturité. » .\Jais tandis que des catholiques, tels que Lamennais, lancé, il est nai, de plus en plus dans la voie de l'hé· résie cl <lela di-morralie, el de Genoude, directeur de la Gazelle de France, s'unissaient aux r(•publicains et à l'extrême gaucbe du mouvement libéral pour demander l'élùbli,semcnt du suffrage uni,·ersel, nous entendons Victor Hugo, sous l'impres· sion, il faut le dire, de l'émeute causée par le procès des ministres, s'écrier que • les droits politiques doi,·ent sommeiller clans l'individu jusqu'à ce que l'individu sache rlmrrmenl ce que c'est que des droits politiques•· C'est bien d'ailleurs sur le sommeil des foules que complait le directeur de la Ca:ellc de France pour obtenir leur consentement passif au retour de la monarchie l,'f!itime. :'('a,·ons-nous pas vu récemmeut les cléricaux belges proposer le suffrage d,•s femmes, non parce qu'il est juste de ne pas tenir la moitié de l'humanité en <lclwrs du droit politique, mais parce qu'ils espéraient renforcer leur domination par l'appoint de voix acquises au clergé ? Il n'empêche que Victor Hugo eût été bien in,piré en s'en tenan l là et en n'enfermant pas ironiquement le peuple dans le ct'rcle ,·icicux de celle formule:• Très bonne loi électorale (quand le peuple saura lire): Art. l", Toul frru1çais est électeur; art. 2, tout Français esléligible. •C'était trop compter sur l'honnêteté du• tuteur• bourgeois préparant« l'émancipation de son pupille•· La loi proposée par le ministère abaiSdail <le 1.000 à 500 francs Je cens de J"éligibililé el doublait le nombre des électeurs également réparûs entre toua les départements sur une liste formée par les plus imposés. La oomllUS8ion de la Chambre rele,·a le cens des éligibles à 750 francs el fixa à 2~0 lrancs Je cena élec• toral, ee qui était encore plus dérisoire. Sur l'éligibiliw elle faisait une ~ concession, el sur l'élerloral une concession moindre enoore, pwsque leeem électoral sous la Restauration était de 300 francs. finalement Je eeaa 4es ~• fu l fixé par la Chambre à r,oo francs et celui des (\lecteurs à 200 f-.
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