HISTOIRE SOCIALISTE 70 011pense si ce décret, revêtu de la griffe de Fouché, jrla l'épouvante el l'émotion dans l'armée, où d'illustres ll'tes se ~entaient marqnres. Toutes les roli'res se retournèrent d'un coup contre Davousl. A quoi lui avait servi de li"rer Paris, d'en chasser l'armée, de trahir l'empereur? JI avait ohtrnu, verbalement, des as,urances qui ma intenanl se transformaient en menaces : il ne pouvait qu·accuser Fouché <le l'avoir joué. lhis lui-m'm', pourquoi s'était-il si aisément livré aux ~célérales,es empressées de l'homme ni'fasle dont, depuis vingt ans, :l connaissait I, moralité? lntolligence ouverte et caractère avili, Davousl ne put que s'exécuter lui-m,'me et disparaitre par la dé•nission d'une armée qu'il avait commandée pour h livrer tout entière, digne d·appara1lre au même ni,•eau que Marmont devant l'histoire. On le remplaça par ~lardonald. Macdonal~ athrva l'œuvre commencée par Darousl, qui était Je licenciement: il disloqua l'armée avant rie la dis•oudre, el peu à peu celle-ci s'égrena, se dilua, <e dis,ipa : elle avait atteint, au moment de sa dispersion, à près de 160000 hommes. Satisfaits des poursuites ordonnées par le roi, satisfaits de la Mle avec laquelle tombait chaque jour l'inulil,• feu d'unearméeloinlaine, sûrs de celle France, dont chaqu• kilomMrc carré supportait leurs pas, les allié, avaient cepmdanl fini par se détendre: non que la générosilé leur r.ll venue, mai•, par l'élernrlle fissure de l'intérêt, Talleyrand avait pu pénétrer dans la coalition. Démembrer la France, c·étail b;en. )fais qui devait emporter les plus riche~ dépouilles? La Prusse el l'Autriche. Or l'Angleterre, nantie déjà par le traité de 18l't, n'avait pas à gagner, au contraire, Il l'accroi,semrnt territorial de ses allié•. Et la Russie, à laquelle son éloignement géographique ne pouvait pas permettre d'accaparer un tronçon de la France, n'avait pas dïnlérlit à rendre puissantes la Prusse CL l'Autriche. Vaguement Ale,anclrc sentait que sur celle pauvre terre mutilée il devait el pouvait s'appuyer. La rencontre de ces appétits contraires sauva la France du démembrement initial dont 1Ietternich avait été le plus intransigeant avocat. Et voici l'ultimatum arrêté par les puissances : • Le canton et la place de Condé, les territoires et les place, de Phili?- peville, :.larienbourg, le canton el la place de Givet, les places et territoires de Sarrelouis el Landau seraient cédés au, Pays-Ris el au, Etals allem1nds: le fort de Joux, à la Confédération helvéli1ue; celui de l'Ecluse, à la Sarda'gne qui rentrerait en possession de toute la Savoie; la France retirerait la garnison de ~lonaco; les forlificalions de Hupingue (qui avail rési~té jusqu'au dernier jour) seraient détruites. La Fran•;e paierail 600-millions de / '\ contribution de guerre, 200 millions pour reconstruire des forteresses opposées aux siennes. Enfin 150000 hommes de troupes alliées, payées par elle, occuperaient dix-huit places fortes pendant sept ans. • Talleyrand protesta. en ~ain, quïl n·y avait pas eu de conquêtes. Les puissances persistèrent et, sans doute, Talleyrand vaincu allait se résigner à signer, quand, par un événe- ,
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