IIISTOIIU SOCIAL1S1'E 07 'de Montmirail, de Waterloo, auraient élé capables de garder à la France ses 'fronlières na\urelles et au-dedans ses droits. Il avait, au contraire, la haine et la terreur de celle Révolution, ,si justement dure aux chefs militaires, l'horrèur de tout ce qui prenait même la pâle figure de la liberté, l'horreur du parlementarisme, ~t cumbien de Coisne 0élrit-il pas les~ idéologues.,, les • bavards», les « jacobins•? Aux Cent Jours, pnr rase politique, il accepta des institutions semi-libérales, mais vainqueur, il les e0t balayées. Il avait dans l'oreille, comme une obsession douloureuse les cris • A bas les prêtres! A bas les nobles l • que de Grenoble à Auxerre il m•ait enlenrlus en revenant. Quand Carnol lui proposa la levée en masse, il refusa, aimant mieux ~e priver de l'ardent élan du peuple que a·emprunter à la Révolution une de ses mesures. Depuis la délaite, les acclamations de ce peuple qui voyait en lui le seul homme capable de refouler l'i1wa-sion el avec elle les nobles, le totrchèrenl à peine. li ne leur fil pas appel ·ponr les jeter sur le Parlement rebelle, non par amùur de la liberlé, mais par dègo0l de l'inslrumcnt p0· pulaire: le peuple ne lui pouvait apparaître que sous la livrée éclatante des batailles. n allcndait tout cles baîonnelt('S, rien des bras nus el libres. Hors l'armée il n'y avait pour lui que • la c~rnillle • cl il aimait mieux la chute qu'une pareille élèl'alion. Ce qui rcappe le plu,, ajlr~s l'éclat, c·est le Yide de celle œuvre, gigantesque par les moyens et nulle parle but: il ne s'agit pas seulement de juger le résultat. C'est le put poursuivi qui doit inquiéter, et s'il fui grand el noble, encore qu'il ne Cûl pas alteinl, l'histoire en tieut compte. Qu'a-t-il voulo? On saisit les exc(); de sa volonté, on n'en saisit pas le désir. Il a tendu tous les -ressorts de so11être ve,·s le commanoemenl, la domination, l'absorption des :iutres hornm•s. i'out, pour cela, 1ui a été bon. li a - par un mensonge religieux el politique - relevé les autel,, qui d'ailleurs n·étaien l 1)115 abattus. ·Est-ce par intérêt ponr la relîgion? Non -pas. Au cours des discussions sur le Concordat il parlait, -pour faire <iôder l'Eglise, de rerrtlre la 'France protestante; après, quand le clergé g1is;a 'tle ses mains, il l'avilit en la personne du pape et montra que ce qu'il avait vou1u falre du prêtre - c'·élait un inslrumenl politique. De même pour l'instruction publi'que où fi n'a vu dans le monopole universitaire, c'est-à-dire tlans le droil n~lurel el éminent de l'Etat, qu'un moyen de compressfon 1)001' les esprit,. li ne voalait que tenir 1es âmes par une gendarmerie sacrée, les cerveaux par une genclarmerie intcllecluelle, les corps par une gendann~Tie armée. Et dans quel but? Son grand rève fut de devenir rempereur d'une conl'édéralion européenne, de rejeter le tlar ne Asie, de refaire à ses pieds l'empire de Charlenngne. Mais cela, dans quel
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