HISTOlnE SOCIALISTE 5() occupions dans la journée el où nous passâmes la mùl : on nous fil savoir vaguement que l'empereur avail éprouvé quelques revers ... « Tarbes, 13 Juillel 1840, (( J. DEVILLE. ►) Yoilà donc ce qu'élablil un témoin désinloressé qui a vu, qui a enlendu. JI n'esl pas douleux que Grouchy a reçu el connu l"ordre verbal qui l'aurail dt} foire marcher vers la gauche. La gauche, c'était \V,,tcrloo. El quand même, au surplus, les ordres ne lui serairnl pas parvenu,? li entendait le canon el de l'effroyable tumulte tout tressaillail autour de lui. De,; généraux, des officiers, des sol lats m<'me le suppliaient de marcher. JI hésita, marcha, s'arrêta, Onil pir ne plus vouloir. Il inl'oquail l'èlal des chemins. Il •las! les chemins furent les mèmes pour les Prussien; qui débouchèrent à huil heures du soir sur l'internai plateau. La ,·érilo c·est que Grouchy a trop interprété litlérale,11enl l'ordre de l'empereur: il de,·ail suivre les Prussiens. li a pensé n'être qu'en observation. Suivre les Pru-siens, c'élail surveiller leur marche, em1iôcher leur jonction avec Wellington, el, ne le pouvant pas, joindre Napoléon pour lui apporler le secours de trente cinq mille hommes. Il ne compr\l pas, esclave àe celte obéissance passive qui anémie le cerveau, brise les ressorts de l'initiative, substitue la consigne à la conscience, et, deux foi, dans le siècle, en 1813, à Waterloo, en 1870, à Melz, où ,'es généraux devaient supporter la trahison de leur chef sans murmurer, deux fois en un siècle, fil descendre le pays au fond du désaslre. Celui-là, du moins, pouvail-il Olre évité? Ce n'est pa;: douteux, et la plus i\pre critique ne peul reprocher aucune raute professionnelle à Napoléon. C'est à tort que M. Thiers affirme que son plan exigeail, pour le succès, la rencontre impossible de trop de circonstances favorables. Aucun plan ne ful plus simp\t el plus digne de couronnemenl triomphal. On a reproché à Xapoléon d'avoir choisi Soull comme major-génoral. Ce choix, certes, é!ail impopulaire. '.\lais sur qui pouvait ,'arrêter le regard de l'empereur? Tous ses maréchaux l'abandonnèrénl : Derthier, :\larmonl étaienl à Gand avec Loui, XVI[( ; ~loncey, '.\lortier, Macdonald refusaient de marcher; Augereau était indigne cl plus que lui encore Mural. Restaient de la gran•le armée :--ley,Davousl, Soult, ·Brune qui furent employ(•S.On lui a reproché d'avoir écarté Murat de l'armée, et on pense que, sur le plateau du mont Saint-Jean, Mural eôt achevo les An3lab, à la lête d'une cavalerie qu'il e0t, mieux que Ney, éleclrisée. '.\faisNaµoléon, deux fois• trahi, manqua de conQance et qui sait si Mural, que sa felonic dépouillait de son ancien prestige, assimilé à Bernadolle, côt eu, sur une armée qui flairait la trahison, la moindre autorité? Quant au plan militaire, on se demande au contraire comment il n'a pas réussi. L'empereur est arrivé d'un bon1, sans être arrêté entre Namur cl
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