58 JIISTOinE SOCIALISTE « Je n'ai ni reçu, ni surpris des secrets, j'ai vu et je vais rapporter des faits, si vous avez la compl 1isance de leur accorder une place dans votre journal. « Avant de raconter, que je vous dise ce qui m'autorise à m'ériger en .,. narrateur: « Capitaine dans un 5· bataillon du 102· régiment de ligne détruit dans le cours des cieux campagnes, j'entrai, par suppression de cadre, en novembre 1813, dans le 123" régiment en garnison à Wesel. « Le 27 avril 1814, eL sur mon refus !orme! cle signer une adhésion à l'avènement des Bourbons, Je dus donner ma démission pour me soustraire aux velléités un peu despotiques de M. le général Burke, sacrifiant ainsi mes services et quatorze campagnes. « En avril 1815, rnyant la France menacée d'une nouvelle invasion, j'offris mes services pour la comballre. Ils furent acceptés et, le 2 mai, je reçus l'ordre de rejoindre, avec mon grade, le 90- régimer.t de ligne, ancien i11'. Ce régiment avait son rang de bataille à la gauche de la division Gérard, qui formait elle-môme la gauche de l'armée commandée par le maréchal Grouchy, et se trouvait, le 18 juin 1815, aux environs de Wavre. • )le, titres et ma qualilé bien établis, voici mon récit : « Le 18 juin, dans la matinée, un officier d'ordo rnance venant du quartier général de l'empereur, demanda à la gauche de notre régiment où il pourrait trouver le maréchal Groncr.y auquel il porlait des ordres; nous lui fournlmes des indications et il partit. " Dans la journée, el au moment où la canonnade faisait trembler la terre sous nos pas, un second officier d'ordonnance venant du même point et accompagné de quelques lanciers, s·actre;sa à moi el me dit : • Je viens porter l'ordre au maréchal de marcher ver; sa gauche; trans- " meltez cet ordre à votre colonel pour qu'il commence ce mouvement qui " sera suivi et exécuté sans retard par les autres corps, en attendant que je • puisse parler au maréchal. • « Je me rendis immédiatement auprès du colonel Sauzet et je lui transmis l'ordre lei que je venais de le recevoir. « Le colonel Sauzet quitta l'ordre de bataille et prit celui de coloune pour marcher vers sa gauche. Mais, soit que les autres corps ne suivissent pas le mouvement, soit qu'il recût un contre-ordre, ce que jïgno1·e entièrement, le mouvement s'arrêta là. " Nous restâmes dans celle situation et dans une immobilité absolue jusqu'à trois, quatre ou cinq heures du soir. Alors on parut se décider à marcher, mais en hésitant, en I.Atonnant, vers la canonnade qui avait consi• dérablement diminué. • Après une heure on environ de marche, on s'arrêta et, une demi-henre après, nous rebroussâmes pour repréndre à peu près les positions que nous
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