René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOCIALISTE lande pour former les Pays.Bas, donnés au prince d'Orange. L'Autriche prit la Vénétie el la Valleline; en llalie, le roi de Sardai!(ne, Gênes; l'Anglelerrr, Malle, les Iles Ioniennes, Heligoland, le Cap, Ceylan, l'ile ,le France. La France ne recevait rien, naturellement. Mais ce traité, par l'égoïsme de la maison de Bourbon, lui devenait pins préjucliciahlc qu'il n'cOl <lù l'ôlre. En effel, les plénipotentiaires prussiens otTraienl de former, sur la rive gauche du Rhin, un Étal indépendant pour le roi de Saxe: c'élail supprimer tout contact, par conséquent loul conOil avec la Prusse. Talleyrand refusa, au nom du principe de la légitimité. Ce congrès, qui avait eu la prétention d'établir l'équilibre européen, où, selon la théorie du XÙI I· siècle, les peuples avaient été violentés sans leur avis, élail assis sur un partage cynique el précaire. La base durable manquait, qui esl le Droit. Le congrès finit ainsi le H mars: il était clôturé par une somptueuse réception donnée en l'honneur du souverain chez M. de Metlernich. Soudain on vit se lever, décomposés. l'hôte et ses invités royaL1,. Une stupeur tragique figea les visages cl un seul mot de bouche en bouche courut : Jl est en France! M. de Melternich venait d'apprendre, sinon la fuite de Napoléon qu'on savait depuis quelques jours absent de l'ile d'Elbe el qu'on croyait en .roule pour les J::tals-Unis, mais son débarquement sur la côte de Fréjus. La fêle finil comme une cl6roule. llàtivemenl, les cliplomales se réunirent pour mellre :-iapol6on au ban de l'Europe. B.eslait it exécuter ·arr~l. CIIAPl1'HE (Il 1.F.S CKNT JOl'RS De nie d'Elbe à Paris. - Fuite de Louis XVIII. - Napoléon, la France el l'Europe. - L'acte additionnel. l.a Coalition. - Waterloo. - Rôle de Grouchy. - Napoléon et le Parlement. - La seconde abdication de Sainte-Hélène. - Jugement sur Napoléon. Dans les huit dernier, jours avanl de quiller la France, en J8!1,, Napoléon, de Ponlalnebleau, avait pu mesurer, aux premiers ordres du comte d'Artois, sa capacité, et prévoir la longue série des fautes qui engendreraient, pour le régime, l'impopularilé. De fidèles avis l'avaient rejoint à l'lle d'Elbe, d'où il n'avait cessé de préparer son retour. li parait bien certain que co re• tour ful Mlé par les nouvelles venues de France el qui ltti signalaient les fureurs de l'armée el la déception des citoyens, pa1· les nouvelles que la princesse Pauline lui rapportait de Vienne, el qu'elle tenait elle-même de la ~oclélé élégante et légère qui paradnitnuloùr du.congrès, Aux deruiers jour~.

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