René Viviani - La Restauration : 1814-1830

:)8 H ISTOinE SOCIALlSTK petite bourgeoisie qui trnO~ue, vend, transi3e, s'occupe, ce ~oALles inlér6ts des paysans qui. d'un srul coup, sont éhranlés. Le Gouvcrnemrnl propose à la Chamhrc un projet de loi tendant à rc,lituer leurs biens non encore vendus à une série d'émigrés. Celle rcslilulion, lésait l'État seul qui perdait par li1un revenu annuel de neuf millions, à un moment où le baron Louis avouait dans le premier budget de la ne,tauration un arriéré de 7iH millions à pa)'er, legs de l'Empire, avec des recettes minimes et précaires pour y faire face. Déjà, d'ailleurs, la Convention, après 1~ !J thermidor, et le o:rectoire, et le Consulat, et l'Empire avaient agi de môme. Ce ne fut donc pas Je projet qui porta alleinte à tous ers intérôts, mals le scandaleu, discours d)I rcpré~cntanl du Gouvernement, ~•errand, qui annonça que celle mesure était un commencement, qu'il faudrait qu'un jour vienne où la restitution soit complète au prollt des bons Français qui avalent rnlvi l'émigration. L~ cynique insolenco de l'orateur royal jeta la consternation par111i les amis intelligents du régime: la Chambre donna mandat à son commis•aire Didrel de repousser vivemenl, non le projet, mais les considérants. Mais la menace Hait faite: sans compter qu'à la cour des Pairs qui, après la Chambre, adoptait le projet, Macdonald déposait 1111 amendement, non discuté. mals qui posait le principe des restitutions par voie d'indemnité et qui fut le germe du milliard des Émigrés. En vain Chateaubriand, qui avait été un de, arlis.111s cle ce régime, le suppliait-il de ne pas s'attacher au cadavre de la mo11archie; des sarcasmes venaient le souffleter, et la folie co11tinuail. Après les intérMs matériels, ce furent les intérOts moraux. Un projet de loi sur la presse n'eie111ptail de la censure que les publications qui avaient plus de trente feuilles, el soumettait toute publication clc journal à l'autorisation royale. Celle fois, la Chambre rdusa d'accéder à ce projet do11tRoyer-Collard avait rêvé de faire la cuirasse du régime nouvPau. Il fallut que le ministère acceptât de réduire de trente ;\ l'ingt le nomùre des feuilles qui échapperaient à la censure el de déclarer que cette loi, organique, au début, serait provisoire el ne durerait que jusqu'en 1816. Tous ces débats, d'ailleurs médiocres, où les orateurs se suivaient sa11s se répondre, lisant leur discours, n'eurent aucun retentissement; mais le pays les supportait mal, el, divisé contre lui-môme, excité par les émigrés dont l'insolence s'était accrue el qui trouvaient sans vigueur ce gouvernement, r1Trayé par les menaces d"expropriations prochaines el de prochaines expiations, il se demandait déjà ce qu'il avait gagné à la chute de l'~mpire. De plus, les mêmes impôts, et la conscription, celle plaie du Premier Empire, demeuraient. Le comte d'Artois avait bien promis, en c1Tet,ltut· suppression, rtla Uéclaralion du 2m,i arnit blon sou,crilà celte promesse; mais la réalité t'lail là. Une outre réalité, plus dure : Louis XVJII avait signé Je honteux traité cl11 !lO mai où il avait d'ailleurs été entrainé par son frère, lequel f avait été

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