René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOll\i, SOCIALISTE retraite de Russie, pour Je ravir aux mains tles Cosaque,. Cï·tail la m6me préparation donnée - dit-on - à Condorcet. Celui-ci c11 olail mort, peul-être Napoléon n'avait pas encore épuisé son destin. Le l'.l avril, le Irai lé fut ralillé. :-;apoU·on n'.-.tail plus qu'un otage au, mains des alliés, un otage sur celle terre ravag(•e par sa gloire d,•sastreu,e, un otagP. dans ce palais où l'année aupar:t1ant il avait placé Je pape clo11l a faiblesse tem1iorelle devait sourire au loin du naufrng,• complet de cew• force déchue. De mortelles journées, il n'entend il sur les dall(•, que le hruil répété el saccadé de sa démarche. En l'ain, il prêlail l'oreille au moindre IJruit, attendant quelque ami de l'infortune qui lui flit encore attaclw. Sauf llacdonald, Caulaincourt, Baisano, tous les gént'•rau, gtoricnx étail'nl allés prosterner leur 1>restige aux pieds des allié,, attendant la venue ,lu maitre nouveau. L'empereur sentit-il it celle heure la vanilt• de J'œuvre de gloire?S'aperçul-il que l'expiation vient toujours à qui dégrade l'homme pour e11 faire un esclave el qu"on ne peul attendre d'un courtisan le, sentiment, de fierté el de noblesse qu'on eùl chàliés d'ailleurs s'ils se fussenl montri·s·? ... Enlin, lt· dernier jour vint. Il réunit la garde, lui parla, enleudil les sanglots de ces hommes quïl avait trainés, sans autre salaire que la mitraille, dans Lous les carrefours de l'Europe, et qui lui montraient un cœur ,·•,nu quand les puissants lui montraient un cœur glacé. Nouvel OEdipr, mais qui avait le pouvoir de contempler sa chute, li! partit. La traver,ée du centre de la France ravi l'a ses douleurs par J' espérance qu'il conçut, devant le rrspecl des foules, d'un soulèvement. La chaude atmosphère du midi lui r,•;en•ail les ardentes colères: il fallut, pour le protégc1·, dans Loule la .vallée du Hhône, l'alîuhler d'un uniforme anglais. A Fréjus, port d'emlmrquemenl, sa grandeur foudroyée retrouva de tardifs égards : il partit pour! île d'Elbe. Sur cc point perdu dans la profondeur des flots, il de,·ail enfermer ses regrets, ses remord;;, ses arnbilions. Là, au moins, il était prè, de la terre natale, envelùppé ùu même climat, traité encore en souverain, libre au moins de contempler l'horizon et d'abriter sur un rocher que son orgueil pouvait comparer à un piédestal le rêve grandiose el mouslrueux d'une restauration. C!IAPl'l'RE li LES FAllTES OE LA PIŒMIÈRE HESTAl'RATIO~ L'arrivée du comte de Provence. - Déclaration du 6 avril. - La charte. - Profils royaux. - Les fautes commencent. - Contre les paysans. - Le général Dupont et l'armée. - Le co1•grès de Vienne. - llonaporte quille l11c d'Elbe. Nous avons laissé le Sénat proclamer le premier avril la déthèance de son maitre el nommer un gouvernement provisoire dont le chef naturel, en

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