René Viviani - La Restauration : 1814-1830

111s·roIRE SOCIALISTE haro pour leur recommander de ne 1>as ordon11r1·le moindre mouvement de troupes. L!'s plénipotentiaire$ arrivent à minuit au palais de la rue Saint-l'lorenlin. Leur vue achève de glacer d"épouvanlr les ambilions qui se rep,•nlrnl d'une r,plo~ion prémalurée. La nouvelle él,1il l'enue du rapprochement de l'empereur qu'on croyait au, frontit'res; on connabsait I<• nombre de ses soldais el on escomplail le- coup$ du g(•nic auqul'I le dé;c,poir allait rrdonncr l'audace si !'Empereur rrdevenail Ir mallre. Les cocardes blanches disparab,aient cl l'Pnlhou,iasme royali,tc dercnail discret. Alexandre fil au, cnvoy(•s e,traordinaires raccueil qu'il dernil. Macdonald, Ney, Caulaincourt exposèrent leurs raisons. Une émotion, une émotion feinte, rnns doute, paraissait sui· le visage du tzar. Le tMr écoulait el feignail de promettre, n·osanl ~·engager, gai;nant du temps, semblant attendre; or, un moment, un officier russe arrive porlPur d'un pli important : " )le•sit•urs, s'écrie le t1.ar,celle fois résolu, que me disiez-vous que vous parlez au nom de l'armée'? L'armée est divisée. Le corps du maréchal )larmonl vient de passer du côlé des alliés. Vous comprendrez que la ~ituation n·esl plus la m,'mc ... » Rien ne les retenant plus auprè, du tzar, qui ne s'élail p1, engagé lanl que h capitale nouvelle ne lui était pas venue, les maréchau,, frappés de la foudre, re~sorlircnl. La terreur quïmprimailaux visage~ la pensée que Napoléon poll\ail encc,re se dresser avail disparu. Lt foule qui empli~sail les salons était joyeuse. f.:crasés par lïnforlune, le, maroich1ux passèrent ... La comédie était jouée el se terminait à l'acte fatal dr la défedion. A qui ferai-on croin• qu'Alexandre ignorait les démarches de •rallcyrand auprès de Marmont, la lettre du g(·néralissime, la répon,e du maréchal? li ne samit seulement cc qui adviendrait el si le plan de tlHe.ction urganisé sous ses ycu, aboutirait. Voilà pourquoi, jouant son rùle, Alexandr,• hésitait: si les troupes de ~rarmont n·eusscnl pa, été conduites à l'ennemi, il eùl peut-Nrc accepté la régence pour é,iler le choc tic l'empereur, redoutable, appu)(· sur une armée reposée et entrainée. llais pourquoi craindre un chef ~an, soldats? Quand il apprit la dérection, il se leva cl cougédi,t les envoyés de Napoléon... Cependant comment la destinée avait-ell!' ré,ené el frappti c,• dernier coup? Nous avons vu que Marmonl ot les cnvoy(,., lie Napollion avaient <Juillé le quartier général d'.i>,son1oevNs les cinq heures el qu'arnnl de partir il avail recommandé au plus ancien divi,ionnaire quïl lai~sait derrière lui, le général Souham, de ne pas moililler la situation ,les troupes .. \près ce Mparl, Souham, llordesoulle, d'autres se. réunirent. L'idl'e leur vi11l que Marmont, après les avoir compromis la veille tians celle sorte de con~eil de guerre où il tes a,ail con,ultéssur la réponse,, faire à S\\ artœmhcr,::, el!rai ti de

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