22 llJSTOlllE SUCIALISTE des alliés de ne ras traiter, la déchéance prononcée par le Sénat ... L'empereur, sans doute averti, ne changea pas de visage, mai, il annonça le châtiment proche pour toutes ces rébellions el, pour congédit'r ses lieutenants, leur dit: • Je compte sur vous, mc,sieurs •· ce fut le signal tic l'explosion. 1'ous les senliments contenus se livrèrent passage cl, devant l'infortune du maitre, l'audacP de ses subordonnés éclata. Nl'Y el Oudinot refusèrent de marcher. • ~ais ,i ïen appelle à l'armée •, s'ècria Napoléon. « L'armée obéira ù ses générau,. • 'l'elle fut la r<1pon~e. C'était la fin. Du moment que les compagnons de tant de combats ,c refusaient, c'est que leur perspicacité a,erlie apercevait la catastrophe. L'empereur, sous cet écroulement, demeura debout. • Que faut-il faire? • Abdiquer », répondirent toutes les voh. Il écrivit docilement cet acte, le remit aux maréchaux, voulut le leur reprendre, eut un sur:1aul de révolte cl ,c rendit. .. Enfin il pria Marmont, Caulaincou1 l, Ney, cl"allcr à Paris négocier en faveur de la régence ... Napoléon se ravisa el remplaça par ~lacdonald Marmont, qui devait ainsi demeurer ù la tête de son corps d'armée. En se rendant ù Paris, les négociateurs vinrent avertir Marmont de ce changement, ajoutant que cependant l'empereur le laissait libro d'accepter la mi•sion s'il lui semhlait préffrable. Mais, depuis quelques jour,, Marmont était livré à l'intrigue !'l avait noué avec les alliés el le Gouvernement provi~oire des liens qu'il ne pouvait plus rompre. Il avait acquiescé à la défection. Talleyrand, par l'entremise d'un de ses anciens officier:; d'ordonnance, l'avait préparé à cet acte. Et son esprit, encore indécis. était pre~que gagné lorsqu'il reçut une lcllre du généralissime ennemi, lettre clont on peul hien pen,er, si on la rapproche de la démarche tentée par l'enl'oyé de 'J'alleyrand, qu'elle était due plus à l'habileté machiavélique ùu diplomate qu'à celle du soldat. Dans celle lettre Hch\l arlzemberg l'invite a se ranger «sous la bonne cause française»; c'était une i1J1ilation directe à la déll•ction, Que répondre'? Grave résolution et moment solennel I Dan:; ses mains à qui Napoléon a confié l'armée Marmont lient les destinées du pays. De ses mains, qui eussent été impui~santes sans la délégation de l'empereur, il peul précipiter les choses. li hésite, convie ses générnux à un conciliabule suprême et, enfin s'engage, infidèle à la parole donnée à son maitre, infidèle surtout au malheur, rebelle aux ordres reçus, meurtrier de· son propre honneur désormais perdu. Il répond à Sch,1arlzenberg qu'il est prèl à quiller avec ses troupes l'armée de Napoléon, sous la réserve que ses troupes pourront se retirer en Norman'dic, cl que Napoléon aura sa vie sauve et sa liberté, La lettre était expédiée quand arrivèrent au camp, porteurs du mandat que l'on conaall, Macdonald et Ney. Marmont les met au courant, demande à aller reprendre sa parole chez le gé11éralissiroe. 1'ous partent, mais avant de quiller ses troupes, Marmont fait appeler les généraux Bordesoulle el Sou-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==