HISTOlllE SOCIALlSTE C'est !"égalité dans les rapports politiques et économiques. C'est surtout la condamnation formelle de la liberté, envisagée comme le droit de ne rien faire, de faire le mal. La force avec laquelle Saint-Simon enchaine l'homme au travail le rattache plus encore au socialisme, qui réclame précisément que le pouvoir soit dérobé à ceux que leur paresse enrichit'· L'aspect sous lequel le travail apparait à Saint-Simon s'est modifié dans son esprit. Tout au début, le travail n'était que l'obligation naturelle el primordiale qui rattachait l'homme à la vie. C'était, pour lui, pour son œuvre, pour son devoir salisrait quïl devait lrava,iller. Cette conception s'est élargie avec le temps. Saint - Simon a vu les hommes, tels qu'ils sont, enchainés au passé, à l'avenir, dépositaires passagers de l'œuvre du temps. Il a eu la noble vision d'une humanité laborieuse, el qui travaille non seulement pour subsister, mais pour s·améliorer, pour agrandir le patrimoine, refouler l'horizon, conquérir sur le néant un peu de vifl. Le travail n'est plus pour lui un devoir inrlividuel, mais un devoi; social; l'idée de la solidarité humaine se lève. Déjà en 1814, frappé de Lous les maux dela guerre. il avait émis, dans la fl,;orgauisation de la Société européenne, la pensée supérieure d'un Parlement européen chargé d'élucider " les intérêts communs de la société européenne "· C'était la protestation contre la guerre, el elle était générale. C"était plus, c"était l'organisation de la paix, sa permanence, la sécurité rétablie sur les frontières mouvantes. Sans doute, imprégné des préjugés du temps, et peut-être aussi pour atténuer la hardiesse de celle idée, il the à 21>,000francs de rente le èens de l'éligibilité pour les députés de ce Parlement, mais le ·cens eût disparu, l'AssemLlée fût demeurée, et cet inleroationalisme réformateur et pacifique eût mis fin au choc des épées entremôlées pour l'hécatombe. En i825 allait être fondé le Journal le Producleur, destiné à répandre la doctrine saint-simonienne. Mais la mort surprit, pour le confier au repos, l'ouvrier sur sa tàche. Saint-Simon mourut au mois de mai i825. Surgi d'une famille féodale, petil-ntveu du duc célèbre qui se Ill le déCenseur de l'aristocratie, fils a'1optif de la démocratie, il déserta la noblesse pour venir' au peuple soulfranl. Des disciples, des amis très rares suivirent jusqu"à la tombe ce convoi qui traversa les rues, sous le regard indifférent des hommes. Mais l'idée demeure. Olinde, Rodrigues, Léon Halévy, Duvergier, Bailly étaient les premiers amis de la première pensée avec Augustin Thierry el Augus le Comte; Enfantin el Bazard se joignirent à ce groupe el l'Ecole saint-simonienne ouvrit ses portes aux adhérents, en ml:me Lemps 1. En 1819, dans un journal, l'O,·gani,ateu1·, Saint,.Simoo av&.i.tappliqué ULt.e pensée aux princes eL à la cour, en mettant en balance ce que coûterait au pays la disparition de cea princea ou celle de aa•ants et sle travaillecar,. Pounu.il'i en cour d'uailes, il fat acqui1".
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