René Viviani - La Restauration : 1814-1830

234 HISTOIRE SOCIALISTE ourdies :rntour lie lui, el où la vivacité lie son caractère ardent était r~comptfr, ne rurent pas indifférrnte, à son rl6parl. l\estail à conrnquer la Chambre·? On la convoqua pour Je 2 111ars18:lO. M. <le P,,lignar, qui a disparu dans nnc tourmente el qui a subi la déprérialior. que la défaite impoRe aux vajncns, n'avait pas cependant néi,ligé dt: méditer pPndant ùe longs mois sur une conception poliliquo. Peul-Oire était-il, l'ayant adoptée ou rPCueillie d'un autre esprit, hor. d'étal de la !air~ prévaloir, car il était léger, manquait d'esprit de suite, était peu préparé au, lulles cle plus en plus amples ùc la trilJune. li voµlail, après quatorze années d'une éclipse heureuse, ramener, par la forcP des armes, le gloire militaire sur le sol national et ressusciter, pour le profit de la royqulé légitime, encore humiliée de ses au,iliaires prussiens et anglais, les victoires d'antrefoi$. Cependant les arts de la paix, ses intérôls, ses labeurs n'échappaient pas à son esprit el il se flattait, embrasrnnt ainsi des réalités contradictoires, de fonder, à J'exté.rieur, sur Je développement de l'in,lustrie el du commerce, un régime puissant. Quant à la liberté, elle étail exclue de ce programmr, M. de Polignac ayant décidé que la bourgeoisie, une fois enivrée des victoires oü le sang du peuple aurait seul coulé, une fois repue d',n anlages matériels, ne \'Oudrait plus penser ... Ce paradoxe polilique, qui, sans teni1· compte des ressources budgétaire, accouplait les contraires, la guerre el la paix, le labeur intérieur qui réclame les même, bras que la besogne de sang, servit de b;ise à l'évolution · de la politique royaliste. Tout de sµite, dès la rentrée du Parlement, le roi exprima le désir de venger la civilisation sur les Barbaresques. En mém~ temps que l'expédition d'Alger était annoncée, le roi, menaçant, déclara qu'il ne voulait môme pas prévoir les résistances qui pourraient être apportées, à la Chambre, à sa politique. Ce ful, sinon une stupéfaction, du moins une colère fort vive el d'autant qu'elle était excitée par Je triomphe bruyant où la droite manifestait s;i joie. Le Parlement avait donné cependant à la droite une indication qui rendait vains tous ces espoirs e11 désignant le premier pour la présidence noycr-Collarcl el en n'accordant que quelques voix au représentant de toutes ces fureurs attardées. Par là, il est vrai, la Chambre, avait marqué qu'elle ne suivrJit pas cette politique rétrograde, que, par un coup de force, on tentait d'acclimater parmi elle. li ne poµvait e,pliquer la colère du r()i par ce vote. Cependant il désigna encore Royer-Collard. Maintenant il f;illail répondre el ré(liger l'adresse. La Chambre des pair~ répliqua par une solennelle adhésion à la Charte. La Chambre élective y ,oulut ajouter une affirmation de plus. Sa commi~sion, pénétrant dans le Mhat, ne se bornant pas à artlcher des marques de respect, mais discµtanl l'étal de la ~ituation, donna le jour à une réponse ferme et forte. La partie poliliqnc y était traitée avec un ménagement où la pusillanh11il6 n'enlr~it

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