René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HISTOIRE SOC! ALIST I': lui donner, par la présence de cet émigré intraitable, partisan des plus folles mesures de réaclion. une conleur que n'auraient pu tolérer ses membres. Le roi comprit, Polignac aussi, et il rPparlit après avoir prononcé en faveur de la Cl111rte t du parlementarisme un discours où une conver,ion hypocrite à de nouvelles idérs apparaissait, satisraisante seulemer.l pùur les naHs. Personne ne crut au repentir politique du prince i11trailable ni que celle intransigeance haut iine avait pu abdiquer les théories du droit divin lui pour se comm•llre au soutien rie la Charte. Mais s'il ne laissa pas derrière lui des convictions, le prince laissa derrière lui un plan: réunion sur le terrain royaliste de toutes les fractions royalistes qu'une stupide cl stérilisante division avail affaiblies, el, par l'union reconquise, la chute du ministère était certaine. On pul croire un moment à l'échec définitif de ce plan quand on vil le résullal de l'élection présidentielle dans la session de {82\1.Royer-Collard fut élu le premier el les royalistes ultras ne purent grouper sur le nom de i\i. de la Bourdonnaye que quatre-vingt-dix voix, mais celle assurance donnée à la droite de sa faiblesse numérique lui lut plus un encouragement qu'une déception. Seulement, puisque par le sen! nombre elle ne pouvait pas triompher, elle allait, par 'a ruse et la diplomalie parlementaire, essayer de presser les événements. Le parti libéral était reconnais,anl à M. de Martignac de son altitude. Aux gages par lui fournis, le parti répo,,-dil par un gage identique: il ne soutint pas, il relira au conlr~ire, en séance, la proposition de mise en accusation dirigée par un de ses membres, Lubey de Pompières contre M. de Villèle. Ainsi, il permeltail à M. de Martignac de tenir, vis-à-vis du roi, la promesse faite el qui, on le sait, consistait à éJ argner toute amertume ou tout affront à ses prédécesseurs. El M. de Mai-Lignacs'imaginait que tous ces procédés aimables el utiles en même temps lui permettraient de conquérir définitivement sur le roi une influence que leur récent voyage triomphal en Alsacç, el où l'émotion du roi s'était manifestée par des larme~, lui permeltail de croire acquise. Cette émotion, si elle n'avait pas été factice, avait été fugitive. Dès qu'il avait quitté des yeux les paysages sévères de l'Alsace, égayés pour lui de mille fleurs el de mille lumières, le roi était retombé aux mains de la congrégation tenace. Des inlrignes dont elle était le bras, dont il était le pivot, entouraient le ministère el au loin Polignac veillhil. Dans des manilestalions successives, la droite de ce Parlemen l démontrai l son visible i nlérêl qui était de reprendre à ces mains trop libérales le fardeau du pouvoir. M. de Martignac avait déposé, le 10 février• 1829, un projet de loi ~ur l'organisation des communes, un autre projet sur l'organisation départementale. Ce double projet avait pour but d'affirmer, en ce qui concernait la gestion de la commune, le principe de l'élection ; en ce qui concernait le

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