212 lllSTOII\E SOCIALISTE Chambre des pairs el par des hommes qui cepend,1nl, comme MM. .'llolé el Pasquier, ne lenaienl pas à la Révolu lion par des liens bien vivanls. A la vérilé, le rélablissemenl du droit d'ainesse entrainail la reconslitulion <le la grande propriété, enrayait le morcellement, élait une atlcinte à la petite propr·iélé. En reconstituant de grands dom.iines entre quelques mains, on c1·éail une caste privilégiée au point _de vue social, au point de vue politique aussi, pui5que le droit rie 1•ole s·appuyail sur l'imporLance de l'impôt. On organisait autour de· la monarchie une garde éclalanle el solide, armée ,le droits redoutables, dont la vie dépenùrail du sort de la monarchie el qui . serait liée par l'inlérôl plus qne par la conscience à son périswble destin. Ce projet lémoi.;nait non seulement d'11n désir, iolent de résurrection féodale, mais aussi d'une pauvreté de vues q ui étonne quand on pense qu·on peut impulrr celte médiocrilé dans les aperçus à M. ùe Villèle. l.a ,érité, ,-·est qu'il n'était nullement parlisan de <Jeprojel qu<' lui imposail. au nom !les émigrés in5aliables, son collègue 11. de Peyronnet. Comme pour la guerre d'E•pagne, il laissait l'initiative ùc tontes ces faute~ à d'autres, sans se douter qu'un ministre de sa taille adhérait il ces faules quand il ne proleslail pas N que ,le, rcspo115abililés historiqncs s·a1011rdissaienl rnr son front. Il fallail, en eITct, être frappé de cécilé pour ne pas apercevoir que par un pareil projel le régime marchait à l'cnrontrc du siècle el J'e\'enail sur des chemins désertés par la société. On pouvait haïr la l\é1olution et regreller que b fatalité historique l'ail fail surgir; mais la supprimer, supprimer les semences jetées au monde ùe ses mains pleines, ,1rrarher à la conscience des hommes le dépôt des vérités et des principes qui y avait été 1ilacé, c'était une œuvre qui e0L été impossible même au Dieu quïmploraienl lant d'agenouillements cl qui ne pourrait. s'il e,islait, elîacer ce qui fut. D'autre part, c'élail ne pas comprendre l'essor économique nouveau d0 à la création de la forlnne mobilière et s'imaginer. qu'on co11centrerail les terres en quelques main, quand les capitaux tendaient à se ciiviser et à éYoluer. C'était une folie. Sans compter la brutale atteinte à l'égalité cimentée par ln famille, la déchéance jetée sur les cadets, sur les filles, le droil de tous les enfants au même régime familial et quïls tiennent de ce que le sang qui circule dans leurs veines ful le milme da11s les veines paternelles. 11 y al'ait enfin l'avenir du pays, si celle chimère aHlil pu se réaliser,l'avenir du pays, écrasé sous celle concentration formidable, ennemie du progrès, fermée à Loule application nouvelle de la science, rou linière, rétrograde, stagnante. 'l'ous ces spectres elîrayèrent la Chambre des pairs, qui repoussa le projet; restail la lrntative qui marquait un étal d'esprit inquiétanl. Comme toujoun;, la religion, pour marquer la défaite qu'elle venail d'éproU\er en partie, faisaitappel à des manifestations exubérantes'et couvrait
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