René Viviani - La Restauration : 1814-1830

IIIS'J'OlllE SOC[AL[S'fE 101 gérenl de cel alîronl le noble représenlanl de la démocratie terrifiée. Sohanle-deux députés s'abslinrenl de siéger jusqu·à la fin de la. session, landis que le centre gauche négligea de prendre part aux délib6ralions el aux votes. Ce coup d·État parlementaire avail élé organisé. Ll droite ne pouvail tolérer rorateur véhément, dont la parole inspirée la flngrllail el qui, répondant aux prorncalions par des coups soudains, atlP.slail, par sa seule présence, l'invincible espoir des générations opprimées. Déjà, lors de sa double éleclion, en Vendée, on avaH voulu l'invalider. On préfèra allendre el, pour la simple phrase qu'il avait prononcée, loules les colèrns préméditées éclalèrent clans une feinte explosion. Mème I.e Mo11ileur falsifia les paroles de l'orateur pour rendre apparent le grier allégué. ~Ianuel avail monlré la France faisant appel à des • forces nouvelles ». Le .lloniteur porta " fo1'111es nouvelles » faisant ainsi ressorlir qu'il y avait eu apologie du régime conventionnel ... Manuel disparut: il ne devait plus reparaitre sur la scène poliligue el, reliré à Maisons chez son ami le banquier Laffitte, il mourul à cinquante-deux ans, de ses blessures, reçues comme engagé volontaire de lïll3. Le Gouvernement exigea que l'enterrement sui vil, pour aller au PèreLachaise, les boulevards extérieurs. Ainsi tomba, presque frappé à mort par la calomnie, l'un des premiers oraleurs de cc Lemps, le premier, en Lous cas, qui se présenta à la tribune les mains , ides de loul factum, se confiant à sa parole libre el fière, artisan glorieux de réloque11ce parlementaire, noble soldal de la Révolution qu'il protégea, jeune el encore cnfanl de sa poitrine, el deYenu homme, de son lalenl. A une majorité formidable, surloul en l'absence du côlé gauche qui, par son Mparl, porlail le deuil de la lribune, le crédit de l'expédition ful voté. La Chambre des Pairs, en dépit d'une résistance opposée par les pairs que le .duc Decazes a-vail nommés el d'une courte lulle de Talleyrand, approuva. El la guerre ful déclarée I Cenl mille homme s'ébranlèrent, en quatre corps, commandés par les maréchaux Moncey, Molitor, Oudinot, le général Dudesoulle, commandant la réserve, le duc d'Angoulême planant du haul de son inexpérience sur la médiocrilé reconnue de ces chefs vieillis. Le major général était le général Guilleminol avec un chel' d·Ètal major, M. de ~ Londe. Mais précisément, le carbonaris~o agonisant allait profiler de ce rassemblement formidable pour préparer une insurrection militaire el pour faire se retourner contre les Bourbons de France l'épée tirée en faveur de~ Bourbons d'Espagne. Celle tenlalive folle était condamnée d'avance. L·armée s'élail retirée du carbonarisme après lui avoir prêté une fidélité qui ne se démentit pas jusque dans la mort. Mais les exécutions sommaire, qui l'avaient ensanglamée, el surtout celle des quatre sergents de la llochclle, si elles ne l'e1Trayèrenl pas, la jetèrent à Lous les doules. Toujours el toujours la main du bourreau s'aballail sur les soldats, jamais sur le, civils,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==