René Viviani - La Restauration : 1814-1830

170 IIISTOIBE SOCIALISTE défendu par le général Foy, el môme par li. Lainé, ne fut maintenu sur la de.i.a1Hle de Cuvier, qu'à la condition d'être distribué aux écoles le s plus fa1Urables à la religion. On savait ce que signifiail celle formule vague. Plus tarJ, \ïll~le el Corbière, devenus tout à fait les m:11lres, donnèrent un plus va,Le essor à la Congré 0 alion. liais, avant d'aller plus loi11, qu'on retienne ces chilfres: sur :J7000 commu11e,, il y en a1·ait 27 000 dépounues d'écoles et d'instituteurs. On pense si c'est avec ce créJil de 50 000 francs, disp uté el de1enu de plus en plus précaire, que l'on pourrJ lutter contre les Frères; avant peu, par eu,, la Congré3alion sera maitresse du cerveJu fr.ile de l'enfance, et li. Piel, un ullra-roynlist•J, n· ,ura pas à regretter, corn ne il le nt en 18:11,,, que les Frères fu,s •nt olJligês de demander un ùiplô.ne à l'UniYer,ité contrairement à leur; statuts. • Pour l'enseignement secon !aire, M. Corbière agit de mOme. Le Z7 février 1821, le roi, sur sa demande, si~nail l'ordonnance suivante, dont il rnrtlt de rapporter les premières li,;nes : • Les bases de l'éducation des collèges sont h rdigion, la monarchie, la 1 égi limité el la charte. " • L'évêque diocésJin exerce pour ce qui concerne la religion le droit d e surveillance sur tous le~ collèges d~ son diocèse. Il les visitera lui-même ou ou les fera visiter par l'un de ses 1icaires-gé~éram, el provoquera le s mesure.:... )) Ainsi l'évêque devenait le mJllre absolu de l'enseignement secondaire. Chargé d'une inspection permanente, il pouvait, sou~ le prétexte de la religion, gouverner l'esprit ùes élèves. A quoi ne lient pas la religion cl quelle difficullé y a-t-il de la relier nu~ Jeures et à l'histoire el mè.ne à ln science? La Congrégation ne se contentait pas de pou~s,•r ainsi silencieusemeut se~ racines au cœur même de la F'ra11ce, de se taire verser loul le prof it moral el mal6riel des lois, elle agissait a,•ec plus d'audace encore. L'e,péri ence qu'avait fournie M. Decazes n'était pas pertlue pour elle, el le secret d , l'influence détestée de l'ancien premier ministre av ,it été recueilli avec fe rveur. M. Decazes avait régné loul puissant sur l'es;irit ùu vieux roi: il avait élé le compa3non patient peu lanl de longuJs heures, et le roi accoutumé à sa pré- ,ence avait bien souvent pleuré son départ, moins par ten lressc vér itable que par ègolsrue. Ce roi avait l'habitude des ravoris, et il avait passé de ~1. d'Arav,,y à li. de Blaca,, de M. de Blacas à M. Decazes. 11 Congrégation comprit que son pouvoir SCi'ait fragile tant qu'elle n'aurait pas introdu it auprès tlu roi le personuage au charme redoutable par qui, loin du tu multe des parli,, elle régnerait toute puissante. Elle chercha et ne ful pas lon i:;ue à trouver son inslrumeul. li y avait à l',tris, reçue à la cour quoique de no!Jlc,se médiocre, une comtesse du Cayla, née Zoé Talon. S>n père, avocal•générJI au PJrlemenl, avaH tenu en main, les pièc~s du dossier de Favras el sa discrétion avait p lu au

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