René Viviani - La Restauration : 1814-1830

111S1'0lllE SOCIALISTE 163 débordant, et leurs bancs se viJaienl à cbaque élection; encore quelques-- unes de ce genre el le libéralisme perdrait son point d'appui, qu! était la tribune parlem0 ntaire. La Cbambrc ouvrit ses séances le 5 n9vemtJr~ el accueillit le roi, un roi fatigué, courbé, qui ne put même pas se trainer jusqu'au siè_;e de la r~présenl ,tion nationale, et qui fil ouvrir la séance inaugurale dans le p1lais du Louvre. C'est là que Louis XVIIl prononça la phrase à laquelle la répon,e de la Chambré devait être pour lui si injurieuse et si dure: « ~os relations avec les pui,sances étrangères n'ont pas cessé d'être amicales el j'ai h ferme confiance qu'elles continueront à l'être. , La Chambre se réunit, chargea une comml,sion de répondre à l'adresse, el la com'lli,sion donna le mandat de ré Jiger ce document à l'un des plus furieux par.ni les ultras, M. Delalot. Sous la plume fielleuse el agressive de M. Delalol, la réponse, qui chaque année, n'était qu'une plate amplification du discours lui-méme, dèvinl une riposte virulente. El celle phrase soufOelail le roi el ses ministres. devant la France, devant l'Europe:« Nous nous félicitons, Sire, de nos relation, consl.nurnenl amicales avec les puissances, dans la Juste confiance qu'une paix si précieuse n'est point acbelée par des sacrifices incompatibles avec l'honneur do la nation et la dignit~ de la couronne. " En vain le ministère voulut faire modifier celle phrase el s'y employa d'aborJ orficieusemenl. li avait, d'humiliations en humiliations, per,lu toute autorité, et, symptôme grave, hl)!. Lainé, Corbière, de Villèle n'a,sisl ,ient plu, i, ses conseils, ne s'étaient pas installés au banc dts ministres lors de la premiilre séance, donlllient à tou~ l'assurance qu'ils n'étaient plus le~auxiliaires de ce gouvernement usé, di,eré<Jité, abandonné. Li séance publique s'oul'l'il enfin où la réponse à J'adresse fut discutée. M. Pa~quier s'opr,osa à la phrase men.:tanlc, comme il pouvait s'opposer à quoi que ce soit, avec un discour_; qui ne rut écoulé qu'à demi. Celte fois, 1 exlrômc-droite el la gauche se réunir~nl, M. de la Bourdonnaie et le général Foy mél!lrent leurs Apres reproches, dtmandèrent commenl le roi de France avail pu no pas intervenir dans le, alfaires de Naples et de Sardaigne et s'effacer aussi misérablement. L'adresse, y compris la phrase qu'elle contenait, fut volée par i7(l voix contre 08. Le mini;tère, depui, si longt~mp;; moralement alleiul, él.ail matériellement fra;>pé. Le roi hésita longtcm;,s à fêCe1·oir la délé;alion qui lui dernil remellre l'adresse. Il finit par l'udmetlre, en la restreignant au président navey et à son seurétaire. li ne la lut pas, répo..dit par des paroies hautaines el sé,•ères à l'insinuation qui vi~ait sa dignité, et la congMia. Ceci n'était pas pour rendre plus facile le contact entre le ministère el la Chambre. Cependan l le cablael voulait résister : li tenta de négocier avec les libéraux, et M. de lit· chelle11 Ill des ouvertures au gèoéral füy. Mai, il était trop lard, trop d'abime&élalenl ouverts eatre les libérau\ et <lecabinet, et les revendications

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