fllSTOinE SOCIALISTE 143 teau, qui 1l8rlait avec son frère, r~çul des main; royales le do1oaine de Graves ... M.Decazes n'avait pas seulem'ntcommis la faute de ne savoir p1s partir à temps, ou de rester ponr la tulle, el, finalement, d'être chassé avec one compensation matérielle, il avait com'Tlis la r.mle initiale de prendre le pouvoir trop tôt. Un homme que n'eût pas aveuglé l'amlJilion de place eût tout de suite vu, à contempler la société palitiquJ de 1814, que le libéralisme prématuré ne grandirait que corn ne une fleur étiolée sur un terrain ravag, 1 • Il y avait encore lelle.nenl de haines el une si profonde réserve de terreurs el d'ignorances que pour leur résister il eût fallu d'abord un gouvernement qui ne fûl pas lié avec les libéraux et pût résiste,· aux entrainements de la droite. M. de Richelieu était l'homme trouvé par le destin pour l'emploi de premier ministre dans une combimison pareille. Apri)s tout, il avait couvert de son ap?robalion les deux mesures capitales : la dissoluti ,n el la loi électorale du 5 février qui avait ravi à la grande propriété une partie de son influence électorale. Il eût maintenu ses mesures el, à l'abri derrière elles comme derrière un rempart légal, le libér,,lisme eût grandi, fùl rlevenu un parti, eùl Jeté des racines profondes au cœ:ir du pays, eût élé enfin, majeur, l'axe inébranlable d'une majorité élargie. Alors le tour de i\l. Decazes eût pu venir ... Sa faute Cul d'être trop pressé et d'intervertir les rôles en minant l'inlluen~e de M. de fücheli~u el en escomptant la répugnance qu'avait pour J'intrigue celle noble nature. Oo peut dire que ce sont là des arrangements posthumes, el que la Jogi 1ue de l'h'sloire ne connait pas nos hypotMses fragiles. li se peul ... Aussi bien ceci n'est-il qu'une hypothèse, en elîel, et que nous transcrivons, parce qu'elle nous parait plausib:c. OJi, le grand vice du gouvernemént de M. Decazes est d'être venu avant l'heure. Et qu'on n'invoque pas la force du parti libéral à la Chambrê et qui semble correspondre à une croissance du libéralisme dans Je pays I Celle force parlementaire élail factice. La plupart des libéraux - on l'a bien vu pour Gr,goire lui.même - avaient dans leurs 1oix un con lingent ultra royaliste. Et comment veut-on, en effet, qu'en trois années, sans propagande et sans efTorls notables, le parti ail pu croitre de 12 à 90 voix au Parlement? Ce sont les ultras qui ont fait élire la plupart de ces députés allo d'invoquer leur présence pour rappe.ler la Ré1·olulion, armer le comte d'Artois d'un argument, elfrayer le roi, modifier la poli_ ligue. Contre M. de Richelieu, celle tactique n'e0L pai élé e.nployt!e, le parti libéral aurait crû lentement, d'une croissance normale, el quand on l'eOt voulu abattre, il eût élé trop lard, car son armature eûl élé rendue complète par le temps qui est le premier collabor~teur dans la lactique de, partis. Certes, il est probable que Louvel eût frappé quanJ même le duc do Berry, car, en prononçant la peine au tribunal secret de sa conscience, Louvel ne s'était pas préoccupé des combinaisons des parlls ... Mais ce n'est pas le parli
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