142 lllSTUII\E SOCTALIS'l'E l'eOt quitté tout enlirr, le front haut, la figure tournée ver, l'ennemi. Or, il ne sut ni partir, ni rester. Afîolé, sur le premier moment, il reçut les con~olations du roi qui adoucit, des accents d'une affection vraiment paternelle, ~on amertume trop visible. Réconforté par cet ar,cueil, M. De• c'!Zesagita,en lui-même d'abord, avec d'autres ensuite, la question de savoir s"il ne pourrait pas durer: non pas dn.rer pour agir, mais durer pour durer, clr il avait rour le pouvoir un go1Hpersonnel très vlr. Serait-il l'al\ié des liLéraux? Il aurait pu le tenter, joindre à ces 100 voix, toutes dévouées, toutes celles que la fonction minlotérielle et les faveurs dont elle dispose peuvent attirer, surtout quand elle agit sur des fonctionnaires, et, à la Lêle de celle majorité, défendre son œuvre et comballre. Le roi ne lui aurait pas manqué. Les ullras n'étaient pas si frappés de la nécessité de sa chute, croyaient qu'il demeurerail, et rien n'est intéressant à consulter sur ce point comme la correspon~ance de lf. de Villèle avec sa femme (tome li). )1. Decaze eut peur; el rnrlout son propre ministère, privé du triple con• cours de Gouvion Saint-Cyr, J,.ouis et Dessolles, ne lai donna que de lâches conseils. Alor; il entra à grands pas dans la voie de réaction. Il avait demandé à la Chambre des Pairs de s'ériger en cours de Justice ~ourse sai,ir du procès de Louvel. Il vint à la Chambre pour y déposer un projet : Je projet de modification do la loi électorale, par lequel il détruis~il son œuvre. Sa parole balbutiait sur ses lèvres pàlies : c'était la bêle forcée qui ne demandait qu'à se rendre. Et les ultras purent sonner l'hallali. xi. Pasquier, âme complaisante, déposa un projet pour suspendre la liberté individuelle et remettre au sceau de trois ministres le droit d'arrestation et de ~équestration. Mais rien ne pouvait s~uver M. Decaze~. La droite se disait avec raison que, pour fnaugurersa pro1 re politique, elle n'avait pas besoin di M. Decazes. Elle élail p1ête, pour Je mellre en échec, à repousser même les mesures rétrogrades, preférant une ma'.lvaise lei et un bon ministère. Et M. Decazes ne comprenait pas! Il fallut que la douleur lbéâlrale de la famille royale se donnât en représen!alion aux Toileries pour que M. Decazes cédât la p!ace. La duchesse de Berry, qui étaH princesse de Napleg, avait déclaré vouloir quiller la France où le sang des Bourbons -n'était pas préservé. Voyant un jour i\l. De• cuzes, elle s'ltait jetée dans les bras- de son beau-père, le comte d'Artois : • Papa, cet homme empoi,onnera mon en'.ant... • Habilement poussé par Vitrolles, le comte <l'Artois mit à profit toutes ces larmes. li avait déjà sondé le roi qui avait défendu .on ministre. li avait renouvelé ses prières et le roi amit résisté. Alors la duchesse d'Angoulême s'agenouilla devant Louis XVIII et lui déclara qu'aucun membre de la famille ne se trouvait en sureté .•• M. Decazes enlln partit. Le roi l'embrassa, pleura, le nomma ambas,adeur à Londres, avec 300COOfranc~ d'appointements, pair, et ma lame Prince-
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