llISTOlllE SOCIALISTE 127 paraitre du territoire portait le deuil el l'épouvante dans la pelile cour du comte d'Artois, cher invisible mais actif de la coterie des ultras, ennemi féroce de M.Decazes. Si l'armée alliée allait disparallre, pouvait-elle disparallre sans que des conditions fu•sent posées? Précisément le traité du 20 novembre 1815 fixait à cinq ans la durée de l'occupation, sauf à la cesser après trois années si l'indemnité étant soldée. Ne pouvait-on en retenir ces 150000 homm~, qu'après le 23 avril Wellington avait accepté de réduire à 120000? Pour cela il fallait montrer à l'Europe !"insécurité du pouvoir franç,;iiF, la fragilité du régime semi-libéral, accuser les ministres, calomnier lews intentions, faire craindre au:t alliés le retour de la Révolulion, leur arracher enfin un ordre, celui de licencier le ministère. Mais qui allait rédiger ce mémoire patriotique et national? M. de Vitrolles s'offrit, un peu humilié de l'ingratitude royale. Son mémoire concluait à la disper,ion du ministère et au retour à l"ancien régime. On le remit au prince Orlof!, qui le devait soumettre à Ale,andre, arbitre des destinées française~. C"était de la part du comte d'Artois une imparclonnable légèreté, car le prince OrlofT,vu l'état des relations d'Alexandre awc ~f. de Richelieu, ne devait p~s se compromettre dans une ténébreuse négociation contre l'ami de son maitre. Son premier acte fut de porter au ministèi-o le mémoire qualifié Note sec~te. 1\1. Decazes la dépouilla de son mystère, la fil publier à l'étranger, puis en France, afin d'appeler l'attention publique, à la veille des élections, sur l'état d'esprit des ultras, réclamant le maintien d'uoe armée qui colltait 130 millions à la France. Celte note fut sans ~el rnr les puissances qui se devaient réunir le 20 septembre au congrès d'Aix-la-Chapelle. Us ministres el les souverains s'y rendirent; .\L de Richelieu, comme il convenait, reçrésentail la France. On y accéda au traité de libération qui fut signé le 9 octobre el par lequel la !<'rance était définitivement libérée, le 30 novembre 1818, d'une occupation qui durait, totale ou Iimit.ée, depuis le mois de juin 1815. Pendant ce temps, les électenr, étaient com•oqués pour le 27 octobre : les luttes, bien que clrcon~crites par l'absence même de l'opinion el la présence de la censure, furent Apres et ar - deales. On reprochait à M. Decazes d"avoir, de toutes pièces, forgé une conspiration, dite du Bord de l'Eau, qui avait réuni en elle, sous la rnattrise du général Canuel, des oCfieierssu~érieur,, el qui, in,lrument des ultras, devait frapper le ministère. Une instruction avait eu lieu; mais, t.rndis que les parquets étaient impitoyables pour les pauvres gens dénoncés fi leur foreur, pour les écrivains cependant timirtes, pour la Bibliotlièque ltislorique, revue périodique qu'ils venaient de déforer à la justice, ils furent très tendres aux généraux et un non-lieu clôtu.ra, pour la confusion du cabinet, celle enquête basée d'aillenrs snr d'extravagantes délations. M. Decazes luttait quand même. Il avait fini par lancer ses fonclior,naires qui descendaient sur le champ du combat, armés de leurs prérogJti ves re-
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