René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HlSTO IRE SOCIALISTE Hl qu'il dorme, po1uvu qu'il mange. Mais le délateur a suivi sa proie, el des ' carabiniers italiens arrêtent Didier dans unJ gorge farouche. Le cours de la j11stice avait repris à Grenoble; c'est en cour d'assises que comparut Didier. Son aHilude fut ferme, S3 parole grave, son regard hautain. Il s'attendait à son desLin. Sa femme, vaillante jusqu'à la dernière minute, demeure près de l'époull. que tant d'infortune lui rendait plus cher; elle dut céder la place au général Donna1ieu qui venait solliciter de suprêmes révélations. Celles-ci D<l deshonorèrent pas les lèvres d11;vieillard sloîque, • qui se contenta, donnant plutôt un avis, de conseiller au roi de se délier du duc d'Orléan.s. Après quoi, la· dernière victime du complot alla rejoindre les malheureux que sa légèreté, cependant bien répréhensible, avait offert au peloton d'eiéculion ... C'était pour le duc d'Orléans que mourait Didier. Quatorze ans plus tard, n'étant encore que lieute11;1nt-général dn ~oyaume, le duc d'Ocléans recevra l'oftre de service, du général Donna lieu I Le !Usde Didier, M. Loufa Didier, secrétaire général du ministère de l'intérieur, subira l'humble visite- de M. de 'laulié ... Qua.ud les complots o'e~istaient pa,, la police les invenlaiL afin de fournir une preuve de son zèle en les découvrant et, an gouvernement qui les châtiait, une occasion de mériter la fa.veuc publique. Au mois d'aotlt, à Paris, un nommé Schellein, dans u.n café, s·on:rait à toll6 pour l'exécution d ·un plan lragique : apporter par c!Jlssouterrains sous les Tuileries trente barils ne poudre el faire sa.uler toute la maison royale. Personne ne lui répond. M.ais on aMêle deux ouvriers, Plaignier, cambreur; Tolleron, ciseleur; un écrivain• public, Ca~bonnea.u. Ces trois hom:ues avaient auparavant jeté les bas.es d'une association secrète- qu:i ne se réunissait nulle part, attendu que les mtmbres étaie.nt inconnus l,;s uns aux autres, mais qui avait distribué plus de si.x.mille cartes où se trouvaient inscrits les mols: Union, Bon11eùr, Pall·ia. lis étaient au cabaret lorsque les propos a ,aient été tenus. Cel-asufll.,aiL Mais qui donc les avait dénoncés? C'était l'auteur improvisé, telui qui !aisait le projet public- de l'opérijtion, un agent de police nommé Sçhelt.em. li fut à son tour dénoncé par les malheureux qu'il avait (aiLarrêter; on n,e put le trouver. la préfecture de police l'ayant fait disparallre sous le nom de Duval. ]i)escomplices turent trouvés -aux trois accusés, qui furent condamoés à subit la peine des parricides, tandis que les infortunés, dont une femme, qu'c,n leur avail adjoint pour les aider dans uo- complot imaginaire, succombaient sous. les moi, de prison. Eux furent conduits au supplice avec le funèbre appareil qui,, à. ce moment, enveloppait jusqu'à la mort les parricides : ils allèrent à pied, Tevètus d'un voile noir, entendirent la lecture de l'aHèl, et puis les poigo.ets droils des condamnés tom!)èrenl sur le sol. Après quoi leur, tètes turent tranchée:;. Les délations étaient paotout, et contre les anciens ofllciers de Napoléon les poursuites étaient reprises. Il en élail comme Clausel, comme Drouet

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