102 lllS'l'OIRR SOf.lALISTE de corps ou de place, les préfets qui avaient arboré le drapeau tricolore: 3" les régicides qui avaient accepté des places. Les deux p remières catégories étaient poursuivies en vertu de l'article 87 du Code pén al, qui prévoit la mort - la troisième exposée à la déportation. Bien entendu, les biens des cbntumaces élaienl sl\questrés. Le Gouvernement considérait avec une stupeur mêlée d 'effroi ces exaltations qu'aucune concession ne pouvait calmer. Certes, l e Gouvernement était composé de royalistes Cerv,rnls. :Il. de llichelieu était un émigré. :liais tous avaient cependant cette impression que la Restauration, compromise par les excès, ne s'imposerait pas longtemps à un pays pour le moment meurtri et ruiné, mais qui, dès le réveil de son énergie endormie, soulèverait un jour ce poids d'iniquités. En luttant, avec l'assentiment du roi qui avait, lui aussi, la notion du péril, en lu llanl contre ces déchaine ments qui n'avaient pas l'excuse de répondre ou à une ai:ression récente, ou à un péril prochain, le mini lère ne luttait pas pour ta liberté ni môme p our un vague libéralisme: il lullait pour détourner de l'inslilulion royale les co lères, pour capter les sympathies, pour ramener au pays le calme p ar l'oubli. En un mol, le véritable et sincère royalisme élail représenté par ce s hommes, et ce sont les passions bestiales de la droite qui, seules, le pouvai ent compromettre. L'émoi du pouvoir venait d'abord de la pensée que p lus de 1100 personnes comptant parmi les plus notoires, parmi celles qui s'étaient depuis rapprochées du trône, seraient frappées. El sa situation particulière n'aurait pas manqué de prêter à rjre en des moments moins troublés: un ministre était menacé, visé même par le projet, c'était M. Co rvello, ministre des fina11ces,qui avait fait partie du Conseil d'Etat après le 20 mars; un député, le duc de Gaëte, qui avait été ministre des finances a ux Cent-Jours, el un membre de la Chambre des Pairs, .\1. Molé, lui aussi conseiller d'Etat de l'empereur, ce qui ne l'avait pas empêché de réclame r !a mort du maréchal :--ey, pour donner des ~ages sanglants de son nouv eau senmsme. M. de Richelieu Lenla un coup d'audace: le lendemain de l'exécu Lion du maréchal Ney, comme si celle mort devait clore l'ère de s hécatombes, il présenta un projet: ce projet maintenait !"ordonnance d u 2't juillet el, pour donner une satisfaction à la majorité, excluait de France les Bonaparte et ' leurs enfants. La commission nommée élut comme rapporteur M. Corbi ère, avocat à Rennes, érudit el ardent, ami insépara~le de Villèle, et qui était un des chefs du mouvement déchatné I Naturellement, la commission accepta la proscription des Bonaparte, mais elle maintint les c atégories prévues par Y. de la Dourdonnaye. Elle les maintint avec des nuances d'atténuation et d e gravité: c'est ainsi qu'elle ne rendait responsables que les homme~ qui avalent obéi à l'empereur avant le 23 mars et qu'elle prescrivait la c onfiscation des biens de tous les exilés. Comme on le va voir, c'est ce qui fil s uccomber une partie
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