René Viviani - La Restauration : 1814-1830

08 IIISTOIT\E SOCIALISTE losopbiqucs, et c'est l'honneur de la parol,e de s'élever à la hauteur de la pensée. Avec une époque où les problèmes se sont précisés, isolés les uns des autres, la parole a pu del'cnir plus simple el plus souple . .\lais, malgré tout, le Parlement n'aurait pu tenir un rôle souverain si l'éloquence ne s'était pas modifiée; on ne pouvait appeler un débat cette succession d'entretiens el de discours qui ne se rencontraient jamais l'un l'autre; la fonction crée l'organe, et la tribune a créé l'éloquen~. Quelques années après le déhul de la Restauration, de Serres, de Villèle, Manuel, Casimir Périer, enhardis par leurs succès, enfin se dressèrent à la tribune, à peine maures de l'agitation intérieure que jette dans l'âme la parole qui va s'échapper: l'éloquence parlementaire était née. Avec elle était né le droit nouveau que la force a pu arracher, mais qu'elle ne peul toul à fait briser el qui prévaut sur ses excès éphémères. C'est la Restauration qui l'a créé, ou plutôt dans la Restauration un parti. Aussi, quelque tragique que soit celle histoire, quand le sang ,légoutte des échafauds politiques, quand le cœur se soulè,·e el que l'esprit se dé,e~père à Yoir l'œuvre de la férocité humaine, que nul n'oublie qne ce régime vaut mieu.i que le régime des violences. L't, au moins, m~me faible comme un souffle, la parole se pouvait entendre. Ce n'était pas la nuit complètr, el, comme un reflet du ciel aperçu du fond d'un goulfre, la liberté attirail ,·ers elle tous ses fils à la fois obscurs el glorieux CliAPl'fRE YI LA CUAM.BREJXTROU\'ABLE Session de 1815-tS!ô. - La loi snr la liberl6 individuelle. - Les cris séditieux. - Le• cours prévôtales. - La Chambre ordonne des mesures de répres,ion. - La loi électorale. - Le ministère lenu en échec. - Loi en faveur des prêtres. - Les biens non vendus leur sonl reslilués. - Abolition du divorce. - La Chambre réclame la main-mise sur l'Université et les regislres de l'état-civil. -Clôture de la session. - Les soulèvements en province el à Paris. - Didier à Grenoble. - Le sang coule partout. - Abaissement général. - Les responsabilités. La Chambre, réunie Je 7 octobre, n'avait accueilli qu'avec un respect glacé les déclarations royales qui lui paraissaient trop pacifiques. Dans l'adres,e qui ful rédigée en réponse apparut tout de suite l'esprit qui animait oelle chalh~•re el ce qu'il fallait en attendre. • Sire, disaU la majorité, votre clémence a été presque sans bornes. Nous vous supplions ... œ faire enllo que la justice marche où la clémence s'est arrêtée.> Jamais mise eo demeure plus brutale, sous l'habile enveloppement de la !orme, n'avait él.é adresséé à

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