Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

84 lllSTOIRE SOCIALISTE de police que le gouvernement jugera nécessaires pour la tranquillité publiquP. » c·est la réclaclion de ce premier article qui faillit, nous l'avons vu, faire échouer les négoci alions au dernier moment. Que contient-il en etîN? D'une part la proclama lion de la liberté du culte, d'autre part la restriction <lecelle liberté conformément aux mesures possilMs prises par le gouvernemPnl. Hrmarquons de suite que Bonaparte garde ici son attitude ordinaire : la liberté ne va jamais pour lui sans des chaines. Sommes-nous embarrassés, nous, socialistes, pour apprécier l'art. l" du Concordat? On ne cesse de nous clamer aux o'reilles : • Liberté! Liberté'. » fl cela parce que nous désirerions entraver le libre exercice du culle c.llholique. Mais, outre qu·en maintes circonstance• ce n'est pas <lu tout l'exercice du culte qui est en jeu, nous répondons simplement que nons ne voulons pas abolir la moindre liberté. Au contraire, nous demandons la suppression du Concordat qui esl un contrat, par conséquent un firn de droit! De quoi se plaignent ceux qui veulent le conserver? Dès l'in,tanl qu'ils y tiennent, ils n'ont qu'à en accepter l'applicaLion légale. Or il y a textuellement subordination de la pnblicil,• du culte aux règlements de police jugés nécessaires par le gouvernement. Ce, règlements, ils exi~tent: ce sonl les Articles organiques. Sont-ils acceptés par les parli- ,ans d11Concordat? Pas le moins du monde. C'est qu'aux yeux des catholiques militants, des papistes et des cléricaux, le contrat n'est bon qu'autant qu'il favori5e la subordination du pouvoir civil au pouvoir religieux. Qu'on leur laisse la liberté d'en,poisonner nos conscieuces ou la li!Jerté de nous soumettre il une nouvelle Inquisition, et alors tout sera pour le mieux. Q,1'on interrompe vingt fois par an la circulation dan, nos villes, qu'on arrête tout trafic. toute vie pour laisser passer des processions, qu'on oblige les citoyens à s·agenouiller ou à se découvrir devaut des bannières, et ils proclameront que la liherté du culte est une réalité! c·est cela que nous ne voulons pas, el puisque le Concordat est encore en vigueur, puisque ce sont pour la plu]Jart des partisans de l'Eglise romaine qui le détendent, il est de uolre devoir de veiller à ce que les dispositions qu'il peut contenir visant 16 suprématie du pouvoir civil el la réglementation de l'eAercice d'un culte envahissant cl dangereux soient observées par ceux qui sont IPs seuls béneficiaire; de cet acte. ~ 3. - La réforme administrative de l'organisatiou du clergé est contenue dans les articles 2. 3, 4, 5, ü, 7, !l, t0 el 11. Elle vise l'indication d'une nouvelle répartition des diocèses, la nomination des évêque~, celle des curés el l'olablissemenl des chapitres et séminaires. L'article 2 porte simplement qu· • il sera fait par le Saint-Siège, de concert avec le gouvernement, une nouvelle circonscription des diocèses français •• et c'est l'article 58 des Articles organiques qui en Corme le commentaire. Mais, pour nommer des évêques nouveaux, 11 fallait déposséder ceux qui étaieut à la tête des diocèses, et nous savons que ceux-là étaient de deux 1

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