Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

60 HISTOinE SOCIALISTE somme, contentait tout le monde; mais il ne comprenait pas qu"après l'avoir formulé, on le violât tout aussitôt. C'est ce qui e~plique la faveur avec laquelle furent accueillies les premièr,'s mesures de Bonaparte, tendant à assurer la liberté des culte,. li commença par faire remettre en liberté nombre de prC:lres que Je Directoire avail fail emprisonner, les uns pour avoir prôlé Lou, les serments, les autres pour avoir cessé leur ministère avant le 7 ,endémiaire IV. Le 7 nivôse voil, par trois arrêtés, les églises ouvertes à nouveau à leurs anciens possesseurs, le serment des prêtres remplacé par celle déclaration peu compromettante: •Je promets fidélité à la Constitution•, et le décadi déchu de son privilège de faire seul ouvrir les édifices du culte. Le même jour, une proclamation du gouvernement consulaire portait à la connaissance des Vendéens J'afllrmation que, désormais, ils auraient toute liberté de culte, que Jeurs prélres diraient la messe comme il leur plairait dans les églises remises à la disposition des communes. Toul ceci, nous le répétons, était absolument conforme au principe« révolutionnaire• de la St'paration. C'est pourquoi J'ap• probation rut à peu près unanime. Les croyants, à Paris, se portèrent vers les églises réouvertes, el un rapport de police nous dit que• plusieurs se serraient la main el s'embrassaient'; les non-croyants raisonnèrent comme l'Ami des Lois': • On rétablit la libérlé des cultes. On fait une chose bien sage, absolument conforme à la politique el à la saine politique. Je ne crois pas un mot des dogmes ridicules de la religion chrétienne, mais je ne puis exiger la même incrédulité de tous les Français ... Soyez donc indulge11ls en vers le, ,opiniâtres, les aveugles el les royalistes: Si vous les )larssez, n'est-ce pas assez les punir que de leur laisser leurs prêtres?» La cessation des persécutions, voilà donc en somme ce que voulait la nation 3 el dès lïnstani\où le nouveau gouvernement montrait son intention d'agir dans ce sens, on était satisfait. M. Vanda!' parait persuadé que la joie fui considérable, surtout parce que les cloches se remirent en branle. « Leur voix grave el claire s'éveille dans le silence des campagnes, pour rappeler Dieu à l'homme pencbé sur le sillon et bercer ~on labeur ... Ecoulez, ce n·est d'abord qu'un tintement timide, craintif, it peine perceptible, s'élevant çà et là ; puis le concerl des cloches s·enhardil: flf11s sonnent à pleine voix, les révollées; sur de xastes espaces, elles se répondent d'un village à l'autre, prolongent leurs joyeuses redondances. Écout~z, c'est le réveil, c'est la résurrection, c'esl l'insurrection des cloches. • Hélas! la voix harmonieuse de :\!. Yandal chantant les cloches ellt encore été 1. Rappori du b•reau central, t3 nivOso, cilé par Vandal, op. cit. Est aulli W1 A.ulard, Paris ,ou, lt Con$u/at, p. 77. t. 12 ru•ÔH. 3. • L• ,c,u g6n,ral do la oalion •• bornai& à c, que IOUie persécalion -•·" dMOnoait contre lei prHres et que l'on n'uigeât. plu■ d'eus aucune e1picede aerllMI\L,enln,quel'a11&orh6 ine se mêLUen rien dH opinion, religieu1t1 d• penonne. • M••. de 1111•1 cit.H par Dobiclov. op cit p. 186. "· op.rit., p. 56,1,.

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