Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

64 HISTOIRE SOCIALISTE sage pour honorer la mémoire de • ce grand hommr qui s'était ballu contre la tyrannie?» N'avait-il pas, au nom de la liberté el de l'égalité, prescrit un deuil national de dix jours ... ? Décidément, cc républicain 1vail raison qui avait signé cet impromptu' : Quoi qu'en disent les mécréants, Amis constants du diadème, Celui qui ballil les tyrans Ne sera pas tyran lui-même ... LA POLITIQUE RELIGIEUSE Pendant très longtemps, les socialisles. onl pensé qu'ils n'avaient pas à intervenir directement dans les débals d'ordre religieux. Nombre de militants dans le parti socialiste jugent encore qu~ la question religieuse doit êlre Lenue en dehors du programme d'action socialiste, Nous ne partageons pas cet avis parce que nous estimons que l'œuvre socialiste est avant toul une œuvre d'émancipation, tant iolellectuelle que matérielle. Or, trop d'événements contemporains nous ont monlré au grand jour l'étendue du péril couru par la simple Corme républicaine, du rait des sectes religieuses, pour que nous ne prenions pa~ résolument une place d'avant-garde dans la lutte engagée contre elles. La bataille est rude: l'ennemi, par un travail savant et prolongé, nous a peu à peu enveloppés de toutes parts. C'est par une exacle connaissance de ses positions que nous arriverons à le vaincre. L'histoire nous donnera celte connaissance. Le Consulat, qui a posé les bases de l'organisation administrative actuelle, a également présidé à l'élabfüselJ)enl des rapports entre l'f:tat el les cultes, tris qu'ils sont encore aujourd'hui en vigueur. li est donc essentiel qu'unr étude sérieuse et approrondie nous montre comment ces rapport-s ont été institués. La période que nous allons embrasser dans cet exposé, commence au lendemain ùu 18 brumaire et v;i jusqu'à germinal an X. Elle se divise rationnellement en deu, parties: dans la première, Bonaparte semble vouloir con li nuer la tradition révolutionnaire en observant le régime de la séparation ; des mesures d'apaisement marquent sa politique. Dans la seconde, le premier consul, désireux d'employer la religion calllolique pour réaliser son vœu de domination, passe avec le Pape Pie VII une convention spéciale, un Concordat, qui fait du clergé ce qu'un historien éminent• a appelé une «gendarmerie sac~ée•, destinée à devenir • un instrument de règne dans la main d\m despote». Le Concordat, signé à Paris le 20 messidor. an IX (15 juillet 1801) fut complété. - comme la loi du 18 pluviôse compléta la constitution de l'an VII. - par la loi du 18 germinal, an X (8 avril 1802\, portant les • Articles organiques du Culte catholique •· Une autre loi du même jour édicte les « Articles organiques du Culte protestant •· t. Ami dt.1 L<Ji.s, du 18 pluTiôse. 2. Debidour. /Iirtoire du rappm·ts de l'Êgli.,e et de l'État en France de 1789 à l870.

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