588 HISTOIRE SOCIALISTE de Blücher, allait provoquer une recrudescence d'ardeur dans la lutte. Pour résister à ce mouvement sur la capitale et aux évenlualités d'une attaque de l'armée de Schwartzen berg, Napoléon ne disposait que d'un pelit nombre de troupes, dont son génie d'organisateur el de conquérant allail néanmoins faire Je plus men-eilleux usage. A une certaine distance en arrière de son armée se tenaienl Marmonl el )forlier, à la têle de 16000 hommes environ. D'autres parties du Lerritoire français étaient également occupées par des troupes bien disciplinées, el qui s'efforçaient de leur mieux à enrayer les progrès de l'invasion. Augereau al'ail près de 30000 hommes avec lui, dans la direction du Rhône. Soull opposait aux Anglo-Espagnols de Wellington, canlonnés près de l'Adour, une troupe peu nombreuse, mais exercée. Suchet, à la Lêle de 40000 hommes, mainlenail en Espagne le respect de la domination française. Eugène agissail vigoureusemenl en llalie contre les Autrichiens, tandis qu'en Allemagne et en llollande des garnisons françaises, disséminées dans un grand nombre de places fortes, infligeaient de sérieux et fréquents échecs aux troupes ennemies chargées de les déloger. Ainsi, quelque graves que fussent les événements, quelque critique que f1'ltla situation de la France, cette coalilion générale de l'Europe, celte levée de nations unanimes clans leurs ressentiments el leurs désirs de vengeance ne donnaient point les résultats triomphants el rapides que Lous attendaient de leur commun effort. Certes, les alliés étaient au cœur du territoire, el la marche de Blücher sur Paris, si imprudente qu'elle ail été, avait alors une signification donlnul n'atténuait l'importance; mais cliaque fois que la coalition avait tPnlé contre les troupes impériale, un effort décisir, elle avail essuyé un échec ou subi de graves perles. La présence seule de Napoléon semblait infirmer à l'avance J'efficacilé des olTensives de l'ennemi. Les campagnes élaienl devenues le théàlre des plus sanglants exploits. De mémoire d'homme, on ne se souvenait poinl de violences pareilles : les barbares, qui formaient le meilleur des contingents russes el prussiens, s'abandonnaient aux crimes les plus exécrables, el donnaienl libre cours à des instinct,; ignobles; un compte rendu sommaire de leurs plus sinistres mérails formerait le plus éloquent el le plus terrible procès qui soit de la guerre el de ses hideurs. Tandis que l'invasion mettait ain~i le pays à feu et à sang, des négociations, ouvertes à Châtillon le 6 février, se prolongeaient sans résultat. Des deux LÔLés,la fourberie était pareille, el l'on ne sait quels mobiles invoquer pou<' jusliller ces simulacres de bonnes intentions, dont le plus stlr résultat allail être un renouveau de fureur belliqueuse. Les conditions des alliés étaien l dures : elles impliquaient à Napoléon le renoncement à toutes ses conquêtes, et l'imposition à la France des Prontières de 1789. La diplomatie de la coalition n'ignorait point que ces conditions étaient inacceptablespour Napoléon, auquel elles inOigeaienl un déshonneur sans pardon.
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