HIS'fOlllE SOCIALISTb: 663 tenl ùe faire. On emploie même la violence pour faire exécuter ces règle• menb; on force les ouvriers de quitter leurs boutiques, lors même qu'ils sont contents du salaire qu'ils reçoivent. On veut ùépeupler les ateliers et déjà quelques ateliers se sont soulevés, et dilîérents désordres ont été commis. • Les premiers ouvriers qui se sont assemblés en ont obtenu la permission de la municipalité de Paris. A cet égard, la municipalité parait avoir commis une faute. Il doit rnns doute être permis à tous les citoyens de s'assembler; mais il ne doit pas être permis aux citoyens de certaine~ prores- ~ions de s'assembler pour leurs prétendus intérêts communs. Il n'y a plus de corporations clans i'Etat; il n'y a plus que l'intérêt particulier de ch~que individu et l'intèrêt gérieral. 11 n'est permis à personne d'inspirer aux citoyens un intérêt mterméctlaiJ-e, de les séparer de la chose publique par un esprit de corporation. « Les assemblées dont il s'agit ont présenté, pour obtenir l'autorisation de la municipalité, des motifs spécieux; elles se sont dites destinées à pro· curer des secours aux ouvriers de la même profession, malades ou sans tra• vail; ces caisses de secours ont paru utiles; mais qu'on ne se méprenne pas sur cette assertion : c'est d la nation, c'est aux officiers publics, en son nom, à fournir des travaux à ceux qui en ont besoin pour leur existence, et des secours aux infirmes. Ces distributions particulières de secours, lorsqu"clles ne sont pas dangereuses par leur mauvaise administration, tendent au moins à raire renaitre les corporations; elles exigent ln réunion fréquente des individus d'une même proression, la nomination de syndics et antres offlrier~, la formation de règlements, l'exclusion <le ceux qui ne se soumettraient pas à ces règlements; c'est ainsi que renattraient les privilèges, les mallrises, etc., etc. « Votre comité a cru qu'il était instant de prévenir ce désordre. Ces malheureuses sociétés ont succédé à Paris à une autre société qui s'y était établie sons le nom de Société des Devoirs (compagnonnage). Ceux qui ne satisfaisaient point au~ dPvoirô, aux règlemrnts de celte société, étaient vexés de toutes maniè,-es. Nous avons les plus forte~ raisons de croire que l'institution de ces assemblées a été stimulée, dans l'esprit des ouvriers, moins dans le but de raire augmenter, par leur coalition, le salaire de la journée de travail, que dans l'intention secrète de fomenter des troubles. • Il faut donc remonter au principe, que c·est aux conventions libres, d'individu à individu, à fixer la journée pour chaque ouvrier; c'est ensuite à l'ouvrier à maintenir la convention qu'il a faile avec celui qui l'occupe. » Comment l'ouvrier pourrait-il, isolé, maintenir ce salaire contre la volonté patronale, Le Chapelier néglige de nous le dire et se borne à émelfre des vœux pour que les salaires ne tombent pas jusqu'à • la prhalion des objets de première nécessité •·
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