Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

558 HISTOIRE SOCIALl'-TE faire qu'une paire de bas par semaine, au prix moyen de 2 fr. 40 la paire, ne gagne par jour que Ofr. 40. • C c,t 11. Colchen, prMèt, qui nous renseigne sur le dép irlement de la hl oselie. Al. le préfet, au début de ses observations, déplore, en une page assez pillorcsque, l'influence fàcheu•e sur la moralité du beau sexe de son entrée dans la concurrence industrielle : « Quant aux femmes, dit-il, elles n'étaient pas toujours· étrangères aux trarnux pénibles; mais, aujourd'hui, elles les embrassent presque tous à l'égal des hommes, el principalement dans les vignobles : les pertes causées par la guerre y ont contribué. D'ailleurs, les femmes de la campagne sont fortement consliluées eCen état de supporter la fatigue des travaux les plus rudes, mais ce genre de vie allère en elles la retenue mode,Le de leur sexe; et la fréquentation habituelle qu'il nécessite avec l'autre est assez propre fi. entretenir dans les mœurs une certaine liberté qui en fait perdre prématurément l'innocence. Celle observation esl sensible, actuellement surtout, où souvent ll!Spassions sont imprudemment éveillée~, dans la tendre adolescence, par les agaceries des filles, à qui les armées ont enlevé les garçons de leur Age. Ces circonstances ont puissamment influé sur !'Age de la puberté qui, en général, est devancé dans le sexe masculin. Je crois pouvoir en indiquer une autre cause dans les exercices pénibles auitguels il est ,appliqué de bonne heure, dans la nourriture plus substantielle, dans les ligueurs fermentées dont ces exercices nécessitent l'usage et qui doivent accélérer le développement de5 forces. • Ne plaisantons point la psychologie un peu rudimentaire de M. Colchen, el sachons lui gré plutôt de ses in(éressantes éludes sur la situation du prolétariat urbain el rural de son département. C'est dans son travail que nous allons Lroul'er le tableau le plus complet de la vie _ouvrière en l'an IX (1801) de la première République. Vo}ons d'abord le tableau des salaires : • AvEc NOURRITURE. - A la ville: en 1789, • ; en l'an IX. « A la campagne : en t780, O fr. 45; en l'an IX, 0 fr. 65. « SANS NOCRRITURE. - A la ville: en 1789, 0 fr. 80; en l'an IX, 0 fr. 02. • A la campagne: en 1789, 0 fr. 80; en l'an IX, 1 rr. t2. Gage■ de• dome■Uquee. « MAies: en 1789, S-2 fr. 77; en l'an IX, 128 fr. O. • Femelles: en 1780, 51 fr. 28; en l'an IX, 71 fr. ~O. " Le~ mineurs des minières de Saint-P,rncré (fer) gagnenl 2 francs par Jour, m,1is ne peuvent, à cau,e du mauvais temps, travailler plus de 2'° joara par an.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==