Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIISTOIR~ SOClALlST~ fàchrux, mais elle ne peut naitre que parmi ceux qui, sans boutique, restent dé,œuvrés dans les auberges ... Or, comme la police a les yeux plus parliculi~r•mfnt ouverts snr ceux-ci, tout mouvement qui naitrait parmi eux serait hientôt comprimé. Si les garçons bouchers ét1ienl moins occupé$ et en plus grand nombre, ils pourraient quelquerois inquiéter, mais la dissémination de; échau,loirs contribue beaucoup à. leur tranquillité et plus encore la f.icili é qu'ils ont de se dédomm 1ger, par de petiles infidélités, d"un refus d'augmentation de salaire. Suit un rapport sur la situalion phy;ique de tous ces ouvriers, rapport qui constate l'affreuse situation sanitaire des ouvriers boulangers: Les garçons boulangers, dit-on, sont très sujets aux maladies; elles se guéris;ent assez ordinairement par le repos quand ils sont jeune,; mais, à. cinquante ans, ils sont presque Lous décrépits, peu vivent au-delà de cet âge. Les catarrhes, l'asthme convulsif, le scorbut en tuent le plus grand nomLre entre quarante el cinquante ans. La cause de cette décadence physique est dans le défaut de sommeil, l'exposition presque continuelle à. un& chaleur artificielle excessive, l'inspiralioo constante et daos Je travail du pétrissage et dans les manipulations préparatoires, d'une quanlilé de farine ,•olatilisée, une insigne malpropre lé, enfin dans les suites affreuses de la maladie vénérienne à laquelle ces malheureux s'exposent avec fureur lor,que la fatigue les force à. prendre du rei,o; ou loroque, par paresse ou inconduite, ils $Ont sans trJvail. » Si, d'après ce rapport de police, 1,s garçons bou,hcr; et charcutier, sont dans de meilleures conditions hygiéniques, les garç,os pâtissiers, par contre, sont e,po<és à peu près aux mèmes causes mortifères qui déciment le.; 1Joulan3ers. Les garçons marchands de 1ins subissent drs fièvres gastriques, des cntéril,•s, ,!es dysenteries qui terminent en général leur carrière avant cinquaute ans 1 Le policier envisage encore l'étal moral de ces ouvriers el se liV!'e à. la savoureuse élude psychologique que voici: • Ici les nuances sont encore plus multipliées: elles sont importantes à connallre parce qu'elles intéressent l'orJre social. • Les garçons boulangers, par la nature même de leur travail, sont une espèce de troglodytes; ils dorment le jour, travaillent la nuit et, par là, sont pour ainsi dire séquestrés de la société. « Aussi forment-ils uue classe à. part de tous les autres ouvriers; ils s'éloignent. d'eux-mêmes de toutes les autres réunions sociales. Grossiers, brutaux, ils végètent quand ils sont occupés; el, quand ils ne le sont pas, ils Stl jellent dans la crapule la plus effrénée. • Lïvrognerie, le Jeu, les plus dégoutantes prostituées occupent tout leur être; Jeurs querelles sont toujours sanglantes; peu sont voleurs el une

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