Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

530 JJISTOlllE SOCIALISTE JI sera prélevé sur les fonds de cha~ilé, à la disposition du bureau de hienfai!'.1nce,les fonds nécessaires pour enLrelenir 3 ou 4 000 ouvriers en lis-age el lainage. llREST Finistère). - L'inactivité des ouvriers dans la ville de Brest pourrail inspirer des craintes ;'ils étaient absolument sans ouvrage pendant l'hiver. ~I. le ministre de la .\larine peul seul faire des propositions à Votre ~tajesté sur les moyens de leur assurer de l'occupalion el du travail. llonnc,ux (Gironde). - La rermenlalion esLplus grande à Bordeaux que la misôre. Le prérel mande que la mauvai,e saison ne se présente pas pour les malheureux sous des auspices défavorables. Le ùureau de bienfaisance a des ressources qu'il conviendrait d'augmenter par un secours extraordinaire de 30 ou 40000 francs. MARSEILLE (Bouches-du-Rhône). - L1 misère dans les dernières classes tin peuple est très grande. Le préfet réclam>-vivement les mêmes secours qu'en 1812. C'est une somme de 100000 francs. P,ms. - D'après les recherches faites p1r M. le pré'et de police, sur :J2 000 ouvriers, 20000 sont sans travail sufllsant ... li y a 1900 ouvriers en bijouterie gui rnnt très difficiles à occuper ... Les travaux de Paris olTrenl peu de ressources à faire en ce moment : les démolitions seraient une ressource, mais il faut acheter avant de démolir; ce ne serait donc qu'après avoir dépensé de fortes sommes, sans mouvoir aucun bras, qu'on pourrait espérer d'en employer ainsi. Hons (tieine-Inférieure). - La ,me de Rouen présel1te de grands embarras, les travaux languissent, les fabricants même qui ne renvoient pas leurs ouvriers ne leur donnent que des portions de salaire, en ne les occupant que quelques heures par jour. Comme la ville a des finances très embarrassées, si les circonstances de,iennenl plus graves, Voire ~lajesté serait priée d'accorder un secou,·s e,- traordinaire, comme elle l'a fait en 1812 : c'était une somme de iOO000 francs. TonoN (Yar). - Sa population pourrait devenir inquiétante, si on la lai,sail sans occupation pendant la mauvaise saison. » Après la lecture de documents si décisifs, la légende aura vécu de l'incomparable prospérité industrielle el commerciale du premier Empire. Nous venons de voir les usines presque Ioules en stagnation ou en décadence, le chômage croissant, la misère toujours plus grande. El voilà que nous pouvons constater aussi le premier appel des grands industriels à la protection de l'État: les unR demandant des secours en argent sous forme d'avances directes, les autres réclamant le concours gouvernemental sous forme de primes, d'autres encore, comme le dentellier Vandessel, sollicitant des commandes de la cour. De leur côté, les ouvriers sans travail commencent à faireentendredes

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