lllSTOll\E SOCIALISTE "parle le pro1isoire, la toute-puissance de la création, ce qui est loujour; " fort dangereux; mais alors, du moins ce qui n'est jamais arrivé, table ra<e. , EL il ne s'agirait plus de la Yictoire éphémère d'un Mazaniello ... mais d'l\lre « égal aux destinées d'un grand peuple, el d'être, pour plusieurs siècles, le " bon ou le mauvais génie du genre humain 1 ». Il n'est pas mauvais d'ajouter que le journal qui publie ces lignes déclare que les républicains envisagent sans crainle la possibilité de donner celle toute puissance à llonaparte. La silualion de ce dernier vis-à-vis du pays n'est pas à ce moment sans analogie avec celle qu'il avait vis-à-1is des commis,ions. En elîel, il avait demandé à celles-ci une adhésio11 rapide et complète à ses idées personnelles. Maintenant, il demandait au pays une adhésion semblable. Or il avait hâlé par un acte d'autorité les décisions des commissaires; un nouvel acte d'autorité devança la réponse des citoyens : un décret du 3 nivôse (1 déc. i70D) déclara la mbe en yigueur de la Constitution. C'est seulement H jours plus lard que· le résultat du plébiscite fut connu. - Les procédés restent donc toujours les mèmcs et, si l'on YoulJil pousser la comparai~on ju~que dans les détails, il ne serait pas dirficile de démontrer que les mesures libérales prises avant le décret du 3 nivôse sont venues jouer auprès du peuple le rôle joué auprè, des commissaires par les promes es de places el de dignités. Quoi qu'il en soit, et de plus en plus, le coup d'Etat nous apparatl bien comme tendant à devenir_ un rou3ge laissé, en marge de toute constitution, à la disposition de llonaparle. L'on a cherché à expliquer pourquoi le général a del'ancé la publication des ,ole, : il aurait craint que radhé,ion ne fut pas assez complète et, songeant au nombre énorme des abstentionnistes en i793 et en l'an !li, il aurait voulu, en faisant voler sur une constitution déjà appliquée, déterminer de nombreux sulîrages approbatifs qui ne se seraient pas manifest<\s. Celle explication e,t séduisante, mais pourquoi ne pas dire tout simplement que 13onaparle était pressé de gouverner seul? Il n'y avait plus entre lui el le pouvoir qu'une barrière très mince, il l'a renversée. Sur l'ar.ceplation même, il n'y a1•ail aucun doute. Du reste, le nécessaire avait élo>fait pour que le résullat fût assuré. Pas d'assemblées primaires, cela rappelait trop les clubs•! Des registres furent disposés dans chaque commune; l'un élaildesliné à recevoir les• oui•• l'autre les• non ,,,.et les cilQyens allaient signer sur l'un des deux. Celte façon de procéder devait avoir pour conséquence certaine d'empêcher le Yole de bien des opposants. En elîet, on ne Larda pas à se répéter que les registres portant les • non » serviraient à dresser des listes de proscription, et il fallut, pour aller à l'encontre de ce bruit rapidement répandu, promettre que tous les registres t. Bitn Informé du 28 frimaire. 2. Cf. i-ur la haine de Bi>naparte pour les elubs ce qae di~ Tbibaudeaa, Con,ulat et Em• pire, 1, 9S.
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