Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

/ 51ô IIISTOIRE SOCIALISTE nomic, lafilature el le tissage du colon se sont grandement accrus: le nombre des brol'hes dépasse un million el la production s'élève à près de 10 millions el demi de kilogrammes. On compte plus de 100 fllalures mécaniques; il y a 70 000 métiers à lisser, el le commerce du coton porte environ sur 190 millions de francs. A la fabrication des mouchoirs de colon, se sont ajoutées celles des nankins, crépons, basins, mousselines, percales, calicots, tulles, etc., etc. L'industrie de la laine occupe un grand nombre d'ouvriers. En 1812, Seda11em~loie 18000 ouvriers, 1530 méliPrs et fabrique 37000 pièces de drap. Carcassonne entretient 200 métiers, 9000 ouvriers et fabrique 12000 pièces. A Reims, près de 20000 ouvriers, avec6265 métiers, fabriquent de, châles, des voiles el des robes. Chaptal estime que l'industrie de la laine utilise 93 millions de francs de malière première, et crée en étolfes, bonneterie, couvertures, tapis, matelas, etc., une valeur totale de 200 millions. PJr contre, la fabrication du lin avait considérablement diminué, laissant la place aux toiles fines de coton. En 1812, Saint-Quentin pmployail à celle industrie 40 000 ouvriers. Dans Je Dauphiné, iî 000 ouvriers travaillaient sur 3 600 métiers. L'industrie de la soie est aussi en progrès, grâce à Gensoul, qui aimaginé le chauffage des ba~sines à la vapeur; à Vaucanson, qui invente les machines à mouliner el à organ~iner la mie; à Jacquard el à Saillet, dont les machines opèrent la tire, autrefois confiée à des femmes et à des enfants; le nouveau mécanisme accroll la rapidité du tissage, permet de multiplier le, combinaisons du dessinateur, non seulement dam les modèles riches, mais dans les sortes à bon marché, et ouvre ainsi de nombreux débouchés ù la soierie lyonnaise. Lyon avait, en t8ù0, 5 800 füserands occupés sur 3500 méliers; en 1812, il y a 15 500 tisserands et 10700 métiers. A Nîmes, qui complait en 1800, 1200 métiers manœuvrés par 3 4:-,0ou- \Tiers, il y a, en 1812, 5000 métiers et 13700 ouvriers, Dans le département de la Loire, on fabrique pre,quP. toute la rubannerie de soie, qui met CJ\ mouvement 8000 métiers et 15 400 ouvrier,. A Lille, la fabrication de la toile de chanvre occupe 5~000 ouvriers en 181:?,au lieu de 26 000 en 1800. Quelques chiffres seulement montreront aussi !"extension de la métallurgie : la France comptait 230 hauts-rournaux, dont la production était de 00 000 tonnes de fonte, fournissant 69 000 tonnes de fer marchand, alors qu'en 1787 la production de la fontP n'avait pas dépassé 61 000 tonnes. La consommation de la houille avait passé de 25 000 tonnes à 0-29 000. 'fel est le brillant tableau que trace de la prospérité industrielle le rapport de Chaptal, document classique auquel se réfèrent la plupart des historiens. Nous avons pensé qu'il y aurait quelque intérêt à contrôler des asser- .tions si uniformément optimistes, et nous avons trouvé aux Archives

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