502 HISTOIRE SOCIALISTE alor, rn Boucher. L1 manière de Dad<I étciiL, au contraire, sobre et, si elle n'aYaiL rien des afféteries de son préllé~es5eur et du style précieux de ses campo-ilions ordinaires, elle décelait néanmoins le lotnble sou·i d'une correction acaMmique. Les sympathies de David. allaient à un art Lrès dilîrrenl de celui qu·araienl rendu célèbre le5 peintres du xnn• siècle, ce n·e;t point dire qu'il était animé dq désir de réaliser des œuvrns exemples dr convrntion : son esthétique ne semblait guère manirester d'orir;inalité. elle a1·aît ,eulement lïor,o•nparable avantage de répondre à mervrille am. nécessités arlisliques du temp,. La simplicité altière des allitudes, l'intclli~ence dans le groupement des per,onnagcs et la composition du milieu, la force pompeuse, l'unité lu coloris el l'aisance du peinlre à réaliser des ensPmbles harmonieux el d'un aspect agréable étaient aulant (le dons heureu, auxquels rut attachée la destinée de l'artiste qui les manifestait. Les Sabines, qu·on voit au Louvre, furent très remarquées; on aima lu purelé, rexaclitudc des analomie5; personne ne songeait alors à chercher sur une toile Jïntensilé de la vie ou l'émolion de l'arli5te. On n'avaiL pas assez de louanges pour ces compositions hauiles, décoratives, où la perfecli01, el la sécheres~e y disputent a1ec la froideur. Une telle nature d'artiste denil enchanter l'empereur. Il n'aim1iL guère avoir à faire à descaraclères absolus, à des personnalités dont il se hâlait de réprimer les excès avec sa l'iolence coutumière. JI ordonna donc que David devint son premier peintre el le chargea touL au:;silôL d"exécuter un certain nombre de toiles de dimensions inusitées, où l'artiste devait fixer quelques-uns des événements les plus considèrahles de J"hisloirc impùriale. Ces sujels cadraient à merveille avec les limites tle \"inspiration de David. Ils demandaient uue interprétation adéquate à leur essence et la froideur correcte, le sage ordonnancement el l'ennuyeu,e sérénité de David convenaienlau plus haut point. Parmi ces tableaux, exécutés tous d'après les ordres et les indications techniques de l'empereur, il en e,L quelques-uns auxquels la destinée donna une incomparable renommée. li n'esL point de village ohscnr ou de bourg perdu où l'on ne rencontre des reproductions du Couronnement ou de Bonaparte au Saint-Bemard. C'esLassurémenL dam celte dernière toile que David a pu donner la mesure de son talenl dans les proportions les plus heureuses. Cerlaines qualilés de vie, de force, de couleur, en s'y maniresLanL, rehaussent l'iatérêt historique de l'œu,re. E1~demment, il ne faut pas, dans lïnstant où l'on contemple celle effigie sévère ùe ~apoléon sur un cheval bouillant, songer au:t portraits de composition analogue où Van Dyck el Velasquez immortalisèrent les traits de Charles l" et de Philippe IV; notre peintre souffrirait d"un lei rapprochement. Néanmoins, il serait injuste de refuser à David certains dons extérieurs, un métier solide el sûr, un sens très juste de la composition, du groupement, rle la mise en valeur des figures et des personnages. Il faut assurément ne pas rechercher en lui les qualités d'observation, de jugemerit, de critique
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