HISTOH\E SOCIALISTE 401 Les événements qui houle,er;,aient l'ordre politique de la Franc<' ne pou,aient la laisser indifférente. Elle désira jouer dans cette tragédie un de;; premiers rôles, mais il lui manquait l'ampleur el la sobre raison. ou la rouerie dont il faut être pourvu pour accomplir ses dessein;;. Elle o·a,·ait d'ailleurs ni l'autorité ni la force désirables i,our se m~ler sans reslriction au grand mouvement national qui renversail les imtitulions et le, idées de la tyrannie. Pareille eneela à la célèbre Ol~mpe de Gouges, elle peornil à des solutions impossibles à réafüer, à des accords entre les parti,, à de paisilM~ enlenle, où résidait, lui semblait-il, la sauvegarde des factions aux prises. Ce~ , ues senlimentates ne pouvaient guère prévaloir; elle répugnait d'ailleurs aux méthodes rigonreuses dont se servaient les rérnluüonna!res, se compromit par sa ferveur royaliste, et, en septembre i7\J2, se relira à Coppe~, Ce fut là. rn Suisse, qu'elle publia, deux ans après, ses 1/,'fl~:cionssur la pai.r, adress,·es à .Il. Pitt e, aux Français. Ces considérations libérales sur la ,ilualion politique lui permirent de rentrer à Paris, où elle repril bientùl la vie commune avec 111. de Staël el aussi les réceptions de Jadis. !I faul al'ouer que celle serie nouvelle de soirées constilua le milieu le plus di,parate et le moins homogène qu'on pùl voir. Tous les partis se re1 coutrèrenl dans ses salons!; mah elle ne pouvait, malgré sa fernur affichée pour la République el les id, es 901,l on 1enail d'in,Iaurer le rtgne, Sé C:éfmdre d'accorder se:; alîerlions à sts amis d'aulrtfois, reienus a,e~ elle, el qu'on accus;1il de prep.rer ,ournohement la perle des 1·éruhli<:ains.Des soupçons, 011 en , int .aux fail, pricis. Le Comité de salut public prit mt!11,e à son endroit une dùcision é! h(mère. Souciense de sa lranquillité, M•· de Staël ferma ,on salon, t!l fil diversion en paraissant délahser la politique po\jr l'achè1emenl et la puulicaliun dt• se, li\res. Les groupes politiques qui tenaient le pomoi"r se dêflaienl de M·• de Staël et, s'ils ne lui interdi<aienl point !e séjour sur le territoire françai,, ils la mirent dans l'obligation de s'en éloigner d'elle-même. Elle s'e,ila de nouveau en Suisse, el c'est à Coppel qu'elle écrh-it le Trait,J des Passic,ns. Cet ouvrage eut un gTand succès, mais il ne rompit pas encore les ~oupçons el les médisances dont on accablait son au leur. M·• de Staël avait beau mulliplier les actes de foi el des déclarations empreintes d'une très curieuse intransigeance républicaine, on n'accordait qu·assez peu de crédit à ces manifestations retentissanles d'une convertie dont tous contestaient le zèle el la siPcérité. Ncanrnoins, en 1707, elle osa rentrer à Paris et reprendre les réceptions qui l'arnient rendue si célèbre. EL nous allons as,ister à un conflit violent entre la femme déjà célèbre el Bonaparte dans Lout l'éclat de sa Jeune gloire. Les apologistes de Napoléon n'ont point manqué de prétendre que ce fut
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