Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

472 HISTOIRE SOCIALISTE que j ai l'honneur de lui soumetlre, je ferai commencer les hoslililés dans Ir Jurirnat de l'Empire par un amateur de la musique cisalpine, el je préviendrai co110denlicllcmenl M. Lacrelelle pour qu'un champion de la mu sique française 8C présente armé de pied en cap clans la Gazelle de France. Celle petite guerre pourra durer quelque temps et faire un peu de diversio n à la grande. • Sarnry écrit au bas: • Approuvé très fort. • Retenez la date de celle note (25 mai 1812)! J>r•sque le même jour l'amba,sarleur de Rus,ie demanda ses passeports el la guerre commence où 11 lus de 300000 Français devaient périr I Mais les sujets de Napoléon n'onl po int le droit de se préoccuper de ces désastres facile~ à prévoir: à ceux qui ne marchent pas à la mort, on ne permet de discuter que sur les mérites comparés du Conservatoire et de !'Opéra-Bouffe. Telle ful la liberté de la prrs-e sous Napoléon : de la censure théâtrale, de l'asservissement de la lilléralure, de Il per.éculion conlre les écriva ins indépendants, nous reparlerons plus tard. Mais I our en finir avec le poinl qui nous occupe actuellemenl, il nous restr à parler de la liberté individuelle, telle qu'elle étail comprise p 1r l'homme du 18 brumaire. Tous les citoyens élaient livrés sans défen~e aux fantaisies d'une police que dirigeaient avec l'ab~ence de scrupules qu'on devine des Fouché el d es Savary. Encore Napoléon la trouva-l-il trop peu lyrannique el les notes ré digées à Sainte-Hélène, par le baron Gourgaud, nom monlrenl av~c quel cynisme l'empereur proclamait son droit à l'espionn~ge sur chacun de ses sujets : " La police de Paris, disait-il, rail plus de peur que de mal. JI y a chez elle beaucoup de charlatanisme. Il esl très difficile de savoir ce qu'un homme rail chaque jour. La poste donne d'excellents renseignements, mais Je ne sais si le bien esl compensé par le mal. Les Français sonl si singuliers qu 'ils écrivenl souvent des choses qu'ils ne pensent pas el ainsi on esl induil en erreur; lorsqu'on viole le secret des lettres, cela donne de fausses prévention s. La Valette convenait parfailement à celte place (de directeur des poiles). J'avais aussi Laforêt, qui élail l'homme de M. Talleyrand. On ne peul lire toutes les lettres, mais on décachetail loutes celles des personnes que j'in diquais el surlout celles des ministres qui m'entouraienl. Fouché, Talleyra nd n'écri vaienl pas, mais leurs amis, leurs gens écrivaienl el, par une lett re, on voyait ce que Talleyrand ou Fouché pensail. M. Malouel rédigeait toutes les discussions qu'il avait avec Fouché el, par là, on connaissait lei paro les de ce dernier. Les ministres ou employés diplomatiques étrangers, sacha nt que c'était à moi qu'étaienl renYoyés les paquels, écrivaient souvent de■ lellre~, pensant que Je les lirais; ils disaienl ce qu'ils voulaient que je sus se sur le comple de M. Talleyrand. • Si Je ne m'étais m6llé de l'imp6ratrice ou du prince Bapoe, La Valelle

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