Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IITSTOlRE SOCIALISTls bon1partisle ,efforcent encore de faire croire que la tradition napoléonienne est conforme à l'e,; rit de la grande Révolution. liais celle longue digression nous a bien éloignés cle la Cour de Fontainebleau où les courti,ans ne respiraient guère que lorsque le maitre en disparai,sail pour un ,oya 0e ou pour une nou1•elle campa~ac. En novembre 1807, :-iapoléoa se mit en roule pour une rapide tournée en llalie, se fai~ant acclamer à Milan, réglementant en quelques jour- l'admini,tralion vénitienne, se heurtant à Mantoue contre l'inébranlable 1olonté de son frère Lucien qui refuse le trône de Portugal, puis revenant à ~lilan pour y signer le rameux décret du blocus continental que nous avons étudié plus haut. De retOUl"en France, lei" janvier 1808, l'empereur s'installe aux Tuileries, très préoccupé des affaires d'Espai;ne qui l"oliligent bientôt (avril 1808} à partir pour Bayonne où vont s'accomplir les événements que l'on sait, et d"où il ne rentre qu'au mois d"aoùt en pa~sant par Rochefort, La Rochelle, Niort, Nantes, Angers, Tours et Orléans, partout accueilli avec d'officielles acclamations. Nous disons officielles, car les roa,scs populaires restèrent silencieuses, et déjà à cette époque il srmhlait y avoir dans l'opinion publique une grande lassitude et une inquiétude crois,anle. On la I eut surprendre dans les roanœul'res de bourse où les boursier;; exploitent cet état d'esprit en faisant descendre la rente à 70 francs, alors qu'elle était montée - nous l'avons vu - à OZ francs, au lendemain de Tilsilt. Napokon, furieux de celle manifestation financière, essaya d'arrôter celte dégringolade des rentes par des achat, réalisés sur les fonds du 1'résor de l'armée : il y réussit en partie et releva le, cours à 80 franc,. )luis le sym1-t0me n'en est pas :noins intéressant à retenir et l'on peut voir dans celle attitude des boursiers un indice de la traosrormalion de l'opinion pulilique à l'égard dP l'emperenr. Nous savons que celui-ci quitta de nouv,•au Paris au mois de septembre pour l'entrevue rl"Erfurl, et que, rentré à Saint-Cloud le il! octobre, il en repartit de nouveau, moins de quinze jours après, pour prendre la direction des alfilires d'E,pagne. ~tais avant 8on départ, il reçut du Corps législatH un avertissement bien timide, mais caractéristique et qui contraste assez heureusement ayec la platitude irrémédiable du Sénat : « L1 volonté du peuple rrançais, disait celle assemblée de valets, e,t la même que celle de Votre Majesté. L1 guerre d"Espagne e5l politique, elle est Juste, elle est nécessaire. • Le Corps législatir, au contraire, fait en tendre à mots couverts, il est Yl'Bi, mais pourtant assez clairs. cet avis : • Déjà vous abandonnez la France qui, depuis tant d'années vous a eu si pen de Jours; vous partez et je ne

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