Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lll'TOIHE SOCI.\LISTE e,t loul : par I,• sulfrage universel que l'on proclame, c'est lui qui 1a étr~ le mallre. En e!Tel, c)ésormai, Lous les ciloyens vo11l avoir le droit de voter, rl est ciloyc•11Lonl Français majeur 11011 clo111estique à gagr. s,,ur celle odieuse restriction, on peul donc bien dire que Ir su!Trage universel. appelé el dé-in 1 par Lous le, répu1Jlicai11spartisans <le !a Conslit11tion de t7n:1, était celle fois dé011ili\'enwntclonné à la France. ~lais hélas! cornuien platonique était celle mesure! C'est une cho,e que d1•ren ellrc aul mains d'un in lividu une arme mencilleuse d c·en est une nuire de lui donner le moi·en ù'en tirer parti. On !'aranli,sail à la nation le •ulfrage urriver~el, mais on avait soin de fdiro en sorte qu'elle ne ptll utilement s'en senir. Le 1ote des citoyens devait en e!Tel s·e~erct•r dans la " comr.rnnr » pour désigner un rthi~me d'entre eux r<·connus aptes à l'e,ercice des fonctions publiques de l'arrondi,semenl. Ils dressaient donc ce que Siri,h avait app<•lé la li-le commrrnalc ou d'.1rrondi8semcnt, ri, toujours conform(,menl au plan de Sieyès, les élus des liste, communal,•, choi-is,aienl un dixième d'entre rut pour former la liste déparlemenlalr d1•,tinée à donner les fonrlionnaires du déparl<'mrnl. "nfin, la liste nationale, oir l'on dev11il prendre les magislrals des plus hault•s fonctions publique,, Nait faile du di\ième de toute, les listes tlt'partemenlale-. L'on a vile oublitl, dan, l'énonc(• de ce• roual(es, dan, la complicalion des li,tcs, le prinrilif rn!Trage universel. EL pourtant, c'esl a lui qrrïl nou, faut revenir pour montrer quelle duperie on a caché mus ,on nom. Oaunou, dans les derrrières di,cu-•ion,, arnit tenté de foire échoun le si,tème de, listes d• nolal,ililé,, m;i·s Bonaparte juge;ril bonne celle invention (le Siey,,,. Il la juitrail uonne pan·e qu·~11clui perml'ltrail·dr se tourner 1er, l,1 nation toul entière 1iour lui rlire : « c·esl de tous les ci toi en, sans di,tinclion de classe el de fortune que nous allrndons la délégation des pouvoirs ... •• tandis qu'en réalité il ,oyait se corHiluer dans l'Etat une v! 1rilablc caste, produit ,rune triple sélerl ion qni meltail à la di~po,ition du gouvrrncment un per,onnel intére,sé de fonclionrraires de Lous ordres. Cc droil de vole donné à tous le, citoyens ne pouvait 1l'ailleur, rw'me pas Hre e>1!rcé par eux dh I,• début clu nouveau régime, car la conslilulion renvoyait à l'an IX la formation des premières liste,, et en outre elle stipulait 4ue les 1acances qui s·i produiraient pJr la ,uile seraient comblées tous les lrois ans. Ces vacances ne pouvaient provenir qu<' de décè~, les listes étant dressées une fois pour toutes. Ainsi un droit illu-oire élail donné au peu;M. On lui f.,i,ail croire que le, lois seraient ,otées et appliquées par ses dèléguès, l'l on agi•sait en sorte qu'il u·avait à désigner dii·eclement qu'une foule anonyme où il était mal(•riellemenl impos,iule de faire prédominer une opinion. Quant à ce qui se pa~sait aprè, le scrutin d'arrondi,sement, il n'en savait rien. En outre, , e droit était ine,islanl au débutée l'administration nouvelle el Il ne s·e,ercerail que Lous les trois aM, ,i be,oin était. On ne peul rien imaginer de pl11$

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==