Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIISTOIHE SOCL\l,ISTE C: mrrenanl qu'il ne fallait plus songer à rel ,r :er la lutte, l'empereur mo lifi,t fort habilement, dans la nuit du 17 au 18, les positions de ses troupe,. Li• 18 au mntin, les troupes des allié, qui nous entouraient se ru(•renl simullnui·ment rnr la vinpart des points. Quelque écrasante que 101la supériorité numérique de l'ennemi, la résistance de nos armées ful héroîque; un instanl, elle laissa supposer que la journée ne se terminerait Ioint à l'a"antage de l'une ou de l'aulrc i'e, parlie•; mais, au cours de l'aprè,-midi, tandis que ln l11lleavait pris 11ncaractère furieux el acharné, loul le corps saxon, romro•f d'infanterie, de cavalerie el d'arlillerie. quitta brusquement nos rangs el, 1,renanl une ,igoureuse otTensive, épui,a soudain contre nos lroupes ses m11nilions. Celle défection im1 révue décida de l'issue du combat. Surprh par cc mouvement inopiné, les Françab se replièrent en désordre sous Lripzig, el la réalité de la défaite de,inl ma11ifesle. t:ne grave nouvelle paninl ùans cet inslanl jusqu'à Napoléon : les munitions de l'artillerie i-lnienl à peu près épuisées el ne permellaient pas de résisler plus longlemps aux 1ltaqm·s de l'ennemi: il fallait donc àlonlpri, opérrr somlain larelraile el -r ,ouslraire anx nolllelles ofT,,ns;,es de l'ennemi. Soixante mille hommes mo t, on mi, hor, de combat, tel élail l'atTr,•u, hilan de la jouruee, ce n'é ail lit rc1 ernlanl ~ne le tragique prélude de dé,a,tres qui allaient P\céder •~nhorreur lont cc qu'on avail déjà soutTerl. ;,.apoléon, craignar•I Mjà la catr,,Lrophe qu'il n'évita poi11t, pre,,a, dès la fin dl' la seconde jour, é~ de Leip,ig {le 18 oclohre 181;l 1 , la marche rrtrcgrarle de ses lrou1 es, cl leur do1,na l'ordre de se diriger sur Erfurt. Pour permettre à l'a,m!e d'etT, clurr san, acci,'enl rnn pas,age sur les rivi~rcs cl le; flcu,·cs qui serpentent en arrière de Leipsig, il e(ll été nécessaire d établir 1111 c,,rlain nombre de pont•. L'empereur n'ordonna rien ,Jans ce sens'; il pre,r1i1il seulement de faire sauter le pont qui reliait Lindenau à Leipsig aussilùl le passai;e de 110s troupes ache,é. L'exérulion de celle consigne fut déplorahle; elle avait été confiée à 1111colonel rlu génie nommé Modforl, qui, au dernier moment, en chargea un caporal. Celui-ci, après avoir ,·u passer notre artillerie el les corps qui la prérédaienl, pensa qu'il n'y avait pas lieu de surseoir plus longtemps à l'cxécnlion des ordres donnés. Ignorant de ce qui se pa•sail dans LeiJJSigel des efforts hérolques qu'y C,tisaienl llac<lonald el Ponialo\\~ki pour contenir les alliés, qui tentaient de Loules parts, avec une helliqueu,e frrnésie, l'envahissement de la ville, le caporal fit mettre le feu al!\ poudres; quelques in-tants après, le pont sautait, la supr~me chance qui re~lail aux malheureuses lroupes abandonnées dans Leipslg disparaissait avec srs é1,aves. Ce fut une catastrophe Loule parl'ille à celle qui avait ensan!(lanl6 lts bords de la Bérézina. Pre,sés de Loule~ parts el incapable, de rési,ter plus longtemps, ~lacdonald, Regnier, PoniaLowoki, Lauriston se dirigent en Mte ver, l'Ebter, qu'ils croient pouvoir lraveraer sur le pont qu'utl• lisèrent ;,.ey, Marmont, Napolérn et d'autres anc eux; mals lis sont arrlril

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==