Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

111S1'OlllE SOClALISTI!; à lraver· certaines conlrées de la France, promenade Ioule polilique, et qui n'avait d'autre bul que de réchauffer dans les esprits la passion palriotique singulièrement lassée par tant de cala111ités.A l'inslar {,u Sénat, dont on ne pul jamais égaler la platitude et la passivité dans ces phases douloureuses de notre histoire, les municipalités prodiguèrent encore un enlhou,i •smc officiel qu'il c0t été fort daogerem rour elles, d'ailleurs, de ne poinl témoigner. Pendant cc lem1 s, Napolfon, plus que jamais résolu à provoquer une rencontre décisi\'e, dont il escomptait en secret l'isrne à son profit, acheminait rapidement ses troupes vers les plaines de Leipsig, où s'élaienl déjà concentrées les armées des alliés. Celles-d, en elfel, qui depuis longtemps combinaient leurs mouvements, avaient sur les troupes de Napoléon J'avantage du nombre et ;de la cohésion; moins éprouvées, elles allaient, dans nn immense elfort, érraser, en se resserrant implacablement, l'armée française surprise entre leurs masses infranchissables comme eatrc le5 aciers d'un étau. Les éléments les moins homoµènes s'étaient fondus dans lïnnombralJle armée des alliés; faut-il, à cc propo•, rappeler, comme l'ont fait tous les historiens qui nous ont précét!és, l'élo1 ucmenl de nos vieilles troupes à la vue de certains conlingen ts étrai gers, lels que les Tarlares cl les Baskirô acconru5 de l'Asie centrale el de la Si!Jérie, étrangement accoutrés el pouryus d'armes qui ne laissaient pas de rc,,sernlJler fort aux inslrumenls défensifs donl u~aienl les hommes de la préhistoire. En r~gard de sa propre armée, for le d'environ 1:iû000 hommes, :\apoléon trou Hl, le 10 oclo!Jre, l'armée de Silésie el l'armée de Dohêm~ de beaucoup supérieures en nombre. A 9 heures du malin, la canonnade commenta de iarl et d'autre, tandis que l'armée de Bohême prenait l'offensive; la lulle se poursuhit a,ec un elfroyable acharnement jusqu'à la tombée du jour. Poniatow,ki et Mural se distinguèrent par une intrépidilé et une précision de vu~s qui pro,oquèrent l'é,·acualioo du terrain par les alliés. Ce n'étaient là, hélas! que des succès sans conséquence : près de 50 000 morts ou blessés jonchaient le sol et, dans celle épouvantalJle hécatombe, les nôtres figuraient environ pour la moili~. Scbarwlzenberg, repoussé par Mural à Wasehau, se relire, mais le lendemain, l'armée du Nord, sous Bernadotte et Benniugsen, forle de 110000 hommes, vint grossir les troupes coalisées. Il est facile de prévoir alors l'imminence du désastre. En Tain Napoléon, qui saisit l'étendue du péril, fait olirir par un prisonnier autrichien, le général comte de M.erfeld, un armistice qu'il prétend être le prélude de r.ouvelles négociations; il confie à l'envoyé ses pacifiques espérances et le prie d'insister pour l'obtention de l'armistire, doot il en \i,;age à part mi l'inappréciable bénéfice : la possibilité de sortir de l'lmpaue où les troupes de la coalilion l'ont acculé. Mais les alliés ne del'aielll. pu être dupei de ces propositions dont l'rmpressement était slngulièreatD1 inléœsaé : ils ne répondire.nt pas à Napoléon.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==