Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE 431 riloire. Yos souverains nés sur le trône peuvent se laisser battre vingt foi, el rentrer toujours èans leurs capitales. Moi, je ne le puis pas, parce que je suis un soldat parvenu ... J'ai grandi sur les cbamps de bataille el un hommo con,rue moi se soucie peu de la vie d'un million d"hommes. » 1 L'argumentation courtoise el pressante de hlellernich n'obtint I oinl gain de cause ce jour-là. Napoléon semblait incapable de matlriser l'emportement que suscilail en lui celle assurance que les alliés le 1edoutaient moins qu·au temps d'léna. Celle première enlrel'ue n'eut donc aucuu résullal; elle ful suivie cependant, deui: jours après, d'une nouvelle rencoolre au cours d~ laquelle l'empereur parul se rendre aux vœux pacificateurs de Mel· lernich el négocia un nou,el armistice jusqu'au iO aoûl; il s'engagea en outre à envoyer des représentants au congrès de Prague dans lequel l'Autriche de,·ail à nouveau intervenir pour le règlement de la situation européenne. Si de telles intentions semblaient témoigner d'un dé:;ir loyal d'en finir avec répournulable désordre des mèlées perpétuelles, les secrets desseins de Napoléon ne.s'y rapporl.lienl guère. En s'efforcanl d'obtenir la pro• longalion de l'armistice, il n'avait, bien entendu, songé qu'au moyen de compléter ses eJJecli!s et d'accrotlre les ressources de son offensive. Le congrès de Prague s'ouvrit le 5 juillet i813 ; la France y élail représentée par Caulaincourt el Narbonne qui avnient reçu de l'empereur de, ordres qu'il laul tenir pour insensés ou lamentables, tant ils alficbenl de mépris pour une situation dont les périlleuses conséquences nous préparaient déjà d'irréparables calaruilés. L'illustre Humboldt représentait à Prague la Pru,,e, el Ans.tetlen, ancien émigré français, la Russie . .-\.prèsd'inutiles el trop 11ombreuses controverses visant des lormalités diplomatiques d'une bien médiocre efficacité, les congressistes Mldécidèreul à aborder la discussion des propositions autrichiennes gue l'on peut résumer ainsi: abolition du grand-duché de Yarsovie qui devait être ùivisé au profil de l'Autriche, de la Prusse el de la Rmsie, autonomie des \'ille~hanséatiques, cession des provinces illyriennes, abandon de toos les droits français sur la Hollande et l'Espagne, rétablissement de l'indépendance des territoires prussiens, dissolution de la Confédération du Rbin el de la Coalédéralion helvétique. Comme on peul facilement s'en rendre compte, le patrimoine des conquêtes acquises àla France était encore singulièrement étendu, puisqu'il comprenait l'ltaUe avec Rome el Naples, la Belgiq11e el les frontières du Rhin. C'étaient assurément là des concessions dans une certaine mesure inespérées, consenties par égard au prestige que nos victoires gardaient encore en Elll'ope. Elles ne devaient pas, hélas! ramener _Napoléon à des conceptions plus raisouoables el lui faire enti,ager les bie1ûails d'ull6 situation assurant à la France le bénéllce de conquêles stable$ el indiscutées; Helteruich :l'ailleurs, qui pressentait avec une rare finesse le dénouement final de, t. Entr«Ue de ltapoléo11 .c JleUW'ftioh, • Drud,, ci16epr Il. Vul, p. 830.

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