Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lllSTOlRE SOCIALISTE 'dl les dangns qui pouvaient résullec dll méconleolemrnl unauime des esprits au sein de la nation veoaienl de décounir a ~apoléon toute l'étendue du péril qu'il ue pou1ail surmonlet· qu'à l'aide d'un de ces prodigieux coups de force auxquels il a1ail dèji\ accoutumé le monde. Dans celte ftèvn' cle !"Europe in,urgée contre la rage despotique du , ainqueur dïéna, un retard, uue c'.éfaillance, les conseils mèmc de la raison eus,enL c\lé au plLlShaut point préjudiciables à l'issue de l'entreprise a,enturcuse qu'il était dérn1ma1 irrémédiablement conlraiol d'engager. Traite,· etil élé ù peu près impossil,le alors: l'anu mème de la c'èfnite ftil sorti des propo-itions de pah, et les conditions olfc•rle,; 'par les vainqueurs pour garantir celle-ci eussent à coup sùr ancauli le pre,ligc impérial. Ain,i les circonst,,nces de la silualion 11-ésenle mellaie111 ~ 1polèon dan,; l'obligation de 1·ecvurir ù cle nou,elles mesures de yiolc•nce, qui devaient a1•cir, hola,; ! pour rèsullal d'épui,er plu, défiuilivenienl cucore ce ,1ui re,lail ùes fore~~ vives de la nation .. l.u moyrn de cummu,iicalioos ofllcielles faites au, juurnau, sur le ton impèricu~ d~s 1-roclamalions qui jadis consacraient ses üttoire,, Napoléon fil ,a,•oir que plu,ieurs guerres nou,·elles allaient être l,ienlol <;ntrcprise•. que les litiges politiques dont la solution a,ail ék ,·elartléc seraient ince~sarnmenl régies, ful-c~ au pli x de nouveaux actes ùe coercition, el que, dan~ quelques mois, une force de ;)GOOGOhommes 0 e n•pandrail :,ur lrs principaux I oinb de l'Allemagne 1,our y faire respecter le nom français. Pout· arri\er à la réalisation de ces projets dont l'audace e;L encore un objel de slupMaction, il fallait d'énorires ressources en hommes et e11argent; Napoléon mit loul eu œurrc pour ,e les prncurer : un sénatus-consulte en date du i" se~lembre 1h12 aYail déjà orùonnè la levée immé,.iale de 140000 hommes qui campo aieul la con,criplion de 1813; une tl(cision du Sénat prise le 11 janvier 1813 ùouna au ministre de la guerrl' 100 000 hommes pris ,ur les conscriptions dé 1800, !810, 1811, 1812 el qui con,tituèrnit les cent premières cohortes èe la garde nationale. Eu On, 150000 hommes formant la conscription de 1814 furent mobilist:ti el durent partir immédiatement. Des mesures très sévères furent édictées contl'C ceux qui tentaient de se sous• !raire aux obligations militaires : les réfractaires furent poursuivis, traqués dau~ les bois, où ils s'étaient réfugiés, par des délacbemenls qui avaicul mis~ion de les ramener de force; on cite maints exemples de réfractaires qui tnm·nl trouver dans les n,ulilation~ i,hy,ique;; qu'ils s'infligèrent le mo)Cn d"ccllapper à la loi : ils arnient pensé se rendre inutilisables; il n'en rut rien, on ne les laissa .oinl en repos el ils furent placés dans les di[éreots services alférents à. l'armée. L'abseoce de vaü,seanx dans les ports permit d'autre part d'nliliser les marins qui furent groupés en compagaies cl formèrent un contingent de t.roupes e~iellentes. Enfin, pour simuler un enthousiasme unamine de nature à dissiper la lassitude du pays, à renouveler dans les cœurs l'amour de la

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