· 400 IIJS'l'OIRE SOCIALISTII La jourflc·,· du :.'8derniL èt1·e la plus sanglante, la plu, odieu,e dr toule la <'an,p:i,.rne; il semble <Jtù111 YenLcle fulie meurtl'ière n'ait cts,é d'y sot filer. et l'on ne LrouYer.,iLassurémenl pas dans le, fastes affreux de la guerre, ù1' tragédie plus épouvantable eL plus absurde, que relie oü des milliers de sol ats C'l.ténués, de femmes cl d'enfants trou1èrenl la mor t au sein d'un carn,1g-e dont la barbarie ensanj!lanta le monde. La roule des lratnarcls qui sui1aiPnt t·u.l bic n que mal l'année, s'élail cngagi e sur les pon t~, et l'en 011l,rrment élail lei dc·j ,, qu'il renüail presque impossible la marche en avant. Cc fut alurs 11ur ,e produisit le plus ,!ouloureux épisode de celle lamentable journée : l'ar1illcrie ru,,e 1.irigca sun lir sur le, ponLs rnrcharg és de monde, eL ses boulets y Lli;.aicnl ü tout inst,111tc,'/>pouvailla!Jlcs ravages. L'élroiles,e du pa,,age rendait plus clensi' encore la masse de ces déses pérés qui tentaient, clansun l'ITOrl supn\llll\ de g11g11er la rive opposée, cl ne ~e f'aisaienl pas faute, 1our r&aliotr lt•m· dessein, de c.,mrnetlre des actes d'une lâcheté ignohle à 1·eg;1nl clc leurs n,alhcurcux compag11011s.On s'entretua.t sur les ponts 1,our pas,er I lus vile; cl ceu:. don la ré,istance ou la Yolonté de consenation ,'aITaihlis,ail, loin d'être secourus, étaient foul(s aux pieds o u jetés dans le neu,c. ~lai:; l'horreur de C<' spcctarlc ne de,ail pas ,,,mrc: d'aülres ,cènes, s ,us égal,,; da. s l'hi,loir,,, se préparaient. Tandis que \'irlor, Oudinot, Nry el les débris ,,o leurs a, mée, lullaio1,t furieu sement conlrù le, l\u,se, et s'eITurçairn t rnincrnenl, el atn prix d'efforts hé roïques, de les délo_(rcr de leurs r,o,ition,, la nuiL venait, su,pendanL le feu tic rennerni. L'1•111perc11rdonna J'o,ùre au maréchal Yietor ,raller chercher son a1tillerie qu'il aY il dù laisser sur l'aulr,, ri\r, de la ramener cl de hâler le pa ,rnge des l1ainards a1;1nl le m,.l:n; le général É!Jlè avail, en elîet, re çu mbsion de tlèl1uir,· c, ùtc que cuùte le., ponts, dès ,epl heUl'es, le lend emain malin; celle mesure clevail, clans l'esprit de ~apolèon, empêcher la poursuite de nos lroop •,parles Rude,, el, par conséquent, eviter de nouve lles mèlées. Le JJils,age ue l'artillerie de Yiclor parvint it s'elîectuer sans encombre; le;; llu::::'!•·--, é:pubûs,ne sougeaienl guère à recummencer l"allaque; le mopient étal ùuoc tout à fait farnra!Jle pour la tmversée des ponts par les tralnards; ceux-ci furent a1erlis par les suins du général Eblé eLdu marechJ! Victor, de 1'1rg~uce el de l'opportunité d'une me,ure ,usceplible de leur assUl'er le salut; par une inc.onipréhensible obstination, ils refusèrent, p our la plupart d'en re eux, ll'ell'ecluer le pas,age; on leur fil saisir Loule l 'imminence dn péril, et l'ordre, impos,ible à transgresser, tic détruire les pon\s dès l'aube fut de 1iuu1ean porté à leur connaissance. Rien-ne 1int à bout ùe l'inerlie qu'ils oppo.,aieul aux objurgations des officiers; certains alléguèrent que la lraver- ,èe du pont en pleine nuit dernil ètre forl dangereuse; d'autr es, 1,lu,; nombreux ceux-là, à peiue conscients, harassés, récluils à une existence nnimale que les sou!Trances incessantes rendaient presque inlolé,a!Jle, refusèrent de s'éloigner des bivouacs qu'ils veuaient d'organiser. lùieux v alail, pour ces
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