Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

40\ IIISTOIRE SOCIALlSTE hom•ur ,Jp la tragt'dic qui allait se dérouler. Derri~re les trou1ies 1 que condui,ail Napol•1on, marchait à peu de distance l(outouzof, forl de cinquante mill,• hnrnrnc,, \\'itgenslcin se lenail sur la rive gauche du Oeuve el Tchitdia~,,f, sur la riYe opposée, avail établi toute une anillrrie avec laquelle il cornpt.dl semer la morl dans les rangs français. L'elîectif total des troupes impi'ri'lles n'excédait pas :Jv 000 hommes, el plus de iOO000 nusses avaient pris autour !le nous leurs po,ilions de combat. Pour tromper l'ennemi el gagner du Lemps, en retenant son allenlion, l'em1,rrPur ordonna de faire des pri1paratHs de passage à Dorisol', tandis qu'il choisi~sail Stoudicnza comme lieu d'établi~semcnt de, deu'I: ponts destiné, à !"armée. Le malheur voulut qu'un accident survlnl à l'un d'eux pendant les lravaux; il fallut le réparer sans perdre un instant, el l'on ne pul y pane11ir que g1!\ce au dévouement héroïque des pontonniers qui n'bé,ilèrenl oinl à entr~r dans le Oeuve, dont reau glacée se referma ,ur eux comme un tombeau. Dans la soirée du :!6, Oudinot pas•a le premier; il avait avec lui cnYiron 10000 homme,; parvenu sur la rive opposée, il n·eul qu8 le temp, de repous,.•r, avec une furie désespérée, I' ass rnt de l'avant-garde de 'l'chilchakof '. L• lendemain, l'empereur, i'iPy, l'oniato\\ski, Davout, passèrent le fleu\'e; il ne resta plu• sur l'autre ri,e que les troupe, du géct'ral Parlouneau,, au,queiles a,ail été confié la périlleuse mi•sion d'occuper Dorisov jusqu'au complet passage du corps du maréchal Victor. Un désastre effroyable s'an11011~ait; les troupes de PlaloY, de: )lilorado,ilch, de \\'itgen,tein, de Tchitch ,gof, après aYoir opi·ri: leur jonction, cernèrent les i 000 hommes de Partouneau~. CeuA-ci op1io,èrent une ré,i,,lance dé,espéréc, tentèrent de -e dégager, ,•onJurenl gagner Stoudienza, où le pas•age des autres lrouprs s'était clîectué. JI, n'y pun•nl parvenir el furent alîreusernenl décirn~,. tant par les charges incessantes rie la ca,alerie rus,e, que par les rcu, plong,•anls t. ,1bnofre~ du •t,·gent JJou,·gogne : • Après lei greoadiers auinient plu~ de trente mill~ hommes •~·ant. presque 1.ous les _pieds ou les ma1n1 gelCs, en parti• nos armes, car ils n'auraient pu en faire usage. Beaucoup marchaient appuyés ,ur des bitons. Ot:n~raux,coh,oels, oftlcil"n, aoldah 1 ca•aliers, faotu~ins de toute, let nations qui form3ient notre armé-, march,tient confondus, couverts de manteaux et de pelis~es brùlées eL trouéeM, enveloppl•s dan,i des morceaux de drap, de peaux de mouton, enOn tout ce que 1on pou•ait 11eprocurtr pour !le prê•erver du froid. ll111 marchaient !'ans èe plaiodre, s'appr(•laDL encore, comme ils le ,~ou.-aitnt, pour la lutte, ,i l'ennemi s'opposait à notre pa,-sage. L't'mpereur, au milieu de no~•, uou! in-..pirait de la confiance eL trou•• encore du ressources pour nous tirer de ce mau\"a.is pa ••.• • ... Cet.l., muse d'hommes lainait, en marcb:ult, toujourt après elle, de, morl.l eL des mJUrants .. • :.!• . \lcu1ufr-u du ~ergent Bourgogne : • Le désordre continua toule la journée ri toute la nuit el, 1~:n,JanL ce temps, b. B~rhr.ioa charr1ait1 uec les glaçons, des cadnru d'hommn et de chev•u'.\, 4'L de~ T01ture1 chargées de blel'l111ésqui obstruaient le pont ~t roulaien1 «-D bas. Le de•orJre dP,·int 11lu1grand encore lori;que, to1re huit. et. oeuf heure, du toir, le marl·cha.l \ 1ctor conun@nt;a la retraite. Ce fut sur un mont de cadane1 qu'il puL, &l'ec IOI troupe,, t.ru.,·erur lti pont ... •

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