Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

3!N IIIS'J'OI IU<; SOC!.\ LIST~: n'p nilre a," esp,•r,inces de Napoléon, rerusa non seulement dr traiter, mais or,l0nna imm,•clialement il des troupes revenues de Finlande de sr joindre,\ \\illgrnslrin po-lé sur la Ilérésina pour la retraite de la Granrle .\rmi•r. La situation empirait donc rapidement; le s(•jour à ~loscou arnil r-11 pour nos troupe;; rl'e!Troyables conséquences, la cavalerie était démontée, les chevaux ayant succombé faute de fourrages. Il devenait donc impo,,i!Jle, dan, la retraite. tic répondre atn incursions inopinrc, cle la cavalerie m,,e, el d'emmener it', canons français, cru, pris à l'ennemi, Je;; chariOl5 de hntin. de ,i\ rea ou de munition,. Cependant, l'ohligalion de sortir de ~Jo,cou élail int'lurtahle : séjourner plus longtemps dans une ,ille démantelée, épuisée, mal ravitaillée, autour de laquelle se resserraient chaque jour les arm,'es ennrmiP<, apparai,sait comme une criminelle folie. JI fallait à tout prh éviter un désastre cl regagner l'occident; ~apoléon comprenant enfin, malgré :;on prodigieux or,ueil, <i'u'il lui élail désormais impossible de triompher d•'S !lusses el de leur imposer la paix, devinant aus,i toute l'élemlue dn p,•ril que fai,;1icnt courir à ses troupes décimées les retards cau,és par son inacliùn, résolut d'opérer la retraite. L'empereur rlrmcurail forl perplc,r. Ce départ ,le ~loscou élail un coup irrémédiable porté à ,on pre;li!(r; Pl les marches rétrograde, de ses vieilles troupes accoutumées à la victoire lui parab:-aienl, a,'ec raison, d'une exécution périlleuse. Pour atténuer le, danger, d'une retraite en plein rœur r1·un pays que 11iiver commençait à dénuder, Xapoléon décida que la Grarnle Armée tra,erserai t les pro, in ces méridionales susccplihles, celles-là, de fournir au·~ troupes rie, rr,-•ources que ron cùl bien vaincntent tenté de décotivrir ain,,,,r,. I,oulo117.of, dont le, corps bien org-anbés recevaient à tout instant de 1:ouvea1n: rcnforb, suiY,iil les moindres mouvements de no; troupes. Dès qu'il se fut rendu compte que les opérations de la retraite commençaient à s·c,éculer, il attaqua brusquement, el au mépris des conventions de l'armistice, la cavalerie de )furat à laquelle il fil \'Ssuyer ainsi de gro,ses pertes. Cel échec afîrcta vi\•emcnt :ïapoléon : il n'était cependant que le présage d'irréparahle, malheurs. Lr 10 n;vrmhre, le} 100000 hommes de la Grande .\.rm~e é1·acuèrent Moscou·, trainant à leur suite un singulier cl interminable cortège de voitures de butin, de carrioles hétéroclites oü s'enla~saient tant hicn que mal acteurs et tratnar,ls, aventuriers cl pro,liluées, tous fort peu soucieux d'attendre sans défense le retour des Russes dans leur capitale ruinée. Quatre jours après, par lrs ,oins de :\lorlier se conformant en cela aux ordres laissés par Xapoléon, la vieille forteresse <lu l-remlin sautait, enseveJis,anl dans :1e1 décorubr.·s les plus précieux souvenirs de l'ancienne monarchie ru.sse. Le 2\, à ~Ialo•Jaroslavetz, dès l'aube, Koutouzof, quillant ses retranche• menls, allaqua inopinément nos troupe;;. L, mêlée fut elîroyablf': de part el d'autre, on prit el reprit plusieurs fois la ,•ille en flammes, il n'y eut (1'13

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