IIISTOlllE SOCIALISTE 303 le prince Wittgenstein a1ail imprudemment conduit sur les rives de la Drissa. Malgr6 les succès remport6s par certains de ses g6néra ux, Napoléon n'osait plus se dissimuler les difficultés et les d 111gersimprévus de la campagne dans laquelle il s'etait si follement en'(agé. L"obligation de remp1orter à hrct délai une grande victoire susceptible de démoraliser l'ennemi, t1~ hâter sa déroute définitive, d'étonner l"Europe et de rétablir, par surcroit, la cohésion el l'ordre dans ses armées hantait l'empereur; la strall•gie des Russes lïnquiélail, neutralisait fort souvent ses moyens d'action formidables, encore que notablement rédmt~; il résolut c!e prtndre contact avec un ennemi insaisissable el de le forcer à la bataille. Barclay de 'folly et Bagration s'él,1ient enfermés avec leurs troupes à Smolensk. Le i4 ao0t, Mural infligea aut Russes un léger échec; le 16, l'empereur allaquail Smolensk, et, après deux jours d"une bataille forcenét•, ,·emparait de la ville à demi incendi6e, aµrès avoir fait mettr,• hors tic combat par ses troupes plus de 13000 Russes. Le combat nous amit co0Lé7000 homme,, mais comme les troupes de Barclay el de Bagration avaient pu opérer leur retraite, il ne s'agissait pas, celle fois encore, de la victoire cherchée. L'empereur décida de poursuivre les luyard.,, espérant bien les contraindre à livrer ce combat décisif qui, seul, pouvait bâter l'bs!le de la campagne. Bagration et Barclay de Tolly s"étaient retirés à Dorogobouge; ils avaient fortifié leurs positions, comme s'ils eussent décidé d'allendre l'ennemi; l'empereur crut tenir l'occasion qu'il n'avait pu trou1er jusque-là. Il n'en lut rien : à l'approche des Français, les deux chefs russes se retirèrent avec leurs troupes, d'abord à Wiazma, d'où ils reparlirenl pour gagner TsarivoZaimilchi. Ces retraites continuelles euspéraienl les Russes autant que Napoléon. Les premiers s'élevaient contre leurs généraux, dont la prudence leur semblait entachée de craintes illusoires. Quant à l'empereur, il ne dissimulait point l'inquiétude que lui causait celle tactique d'inertie, qui ne laissait pas, cépendanl, de provoquer parmi ses propres troupes de perpétuels do111mages. Caulaincourt occupa, le 2'J ao0t, Wiazma que les Russes, comme nous venons de le voir plus haut, venaient d'évacuer. Ceux-ci se retiraien sur Mo,cou, semant la ruine el l'incendie sur leur passage, ne laissant aux ~'ranç.1is que des horizons dévastés. Néanmoins, l'empereur, maigri les représentations, qu'à tout instant ne cessaient de lui faire ses plus fidèles capitaines, malgré les pertes ellroyahles qui décimaient la Grande Armée, n"hé•ilail point à les suivre. A ceu, qui lui faisaient part de leurs lé 0 itimes appréhensions, aux généraux qui, comme le brave Berthier, lui expo~aienl minutieusement le détail des lléaui qui ravageaient la Grande Armée, Napoléon répondait par des boutades injurieuses, bien qu'à tout instant la vérité pressante des objurgations qu'on lui présentait l'obséù/lt. D'importantes modl6cation1 venaient, d'autre part, d'être apportées par
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