Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

J02 HISTOIRE SOCIALIST.E d'approvisionnement eurent, tout d'abord, pour effet de provoquer de la part des soldats le pillage des campagnes el des ville,. Le nombre des déserteurs et rle tous ceux qui s'abandonnaient à des déprédations, qu'il n'était pas possihle de réprimer, prit des proportions considérables ; la lempfrature, qui s'était brusquement abaissée, ne laissa pas d'ag1traver la situation déjà pénible des troupes; des milliers de chevaux succombèrent et la marche des armées sur des terrains détrempés commença de s'opérer dans un désordre qui faisait déjà prévoir l'exode lamentable de Russie en France, dont le souvenir est l'un des plus douloureux de notre hisloire. Les Russes, cependant, déjà fidèle, à la tactique d'inertie qui leur valut la victoire, évitaient tout combat, se dérobant à la moindre approche de la Grande Armée. Néanmoins, Davousl, qu'un différend avec le jeune roi de \Yeslpljalie avait mis dans l'impossibilito d'agir rapidement, parvint à joindre Bagration à 11obilef, le 23 Juillet. L'avantage sembla tout d'abord apparten ·r aux Russes, mais l'hahilelé et la rougce de Davou,! firent tourner la fortune. Les Russes se retirèrent, laissant ur le champ de bataille plus de 3 000 tués ou blessés. Tandis que Davoust remportait ce succès, Napoléon, avec l'aile gauche de la Grande Armée, quillait Wilna, la capitale de Lithuanie, où il s'était attardé dans le dessein de faire approuver des rélormes destinées à lui gagner l'enthousiasme de la population; il arrivait sur les bords de la D\\ina, où les Russes, inspirés par le fameux Pfuhl, confident du czar, avaient établi des ouvrages de défense, apparemmrnt fort habiles, et qui n'eurent cependant aucune efficacité, car la disposition des redoutes el des retranchements en avant du fleuve était imprudente; aussi lesgénéraux russes,à l'approchedeNapollon, firent.ils à Ale~andre l'exposé de leurs pressentiments, et n'eurent pas de peine à démontrer le~ dangers de la position de leurs troupes et les craintes légitimes d'un dé,astre au cas d'une prise de contact avec la Grande Armée. Le czar se rendit à leurs instances, et les troupes russes, évacuant rapidement leur, positions, se retirèrent sur Witepsk. En même temps, pressé par ses généram qui redoutaient ses avis imprudents et inhabile,, Alexandre retournait à Pétcr,IJourg. Le 2;; et le 27 Juillet, Napoléon livra contre Barclay de Tolly les batailles d'O,truwuo et de Witepsk. Ces deux actions furent sanglantes, et les Ru•ses eurent à subir des pertes considérables: 10000 de leurs soldats trouvèrent la mort sur le champ de bataille. Après avoir hésité sur Je point de savoir s'il lilrerait ou non un combat dont il ju·geait l'issue fort problématique, Barçlay de 'l'olly fit évacuer Witepsk par ses troupes dans la nuit du 28. Au matin, Napoléon fil son entrée dans la ville, bien approvisionnée, où il résolut de demeurer quelque temps pour permettre à la Grande Armée, décimée par le froid, les combats, les maladies et les fatigues, de se réorganiser. Pendant ce temps,, Ouùinot écrasait un corps russe de 15000 hommes que

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