380 IIISTOIRI!: SOCIALISTE }Jais, le lendemain, s'engage la bataille de \Vagram entre les deu, arruées à peu près égales en nombre : c'est trois cent mille hommes qui se rencontrent en un choc formidable. Dès quatre heures du malin, l'archiduc Charles prend l'ofiensive ; mais il se heurte aux intrépides colonnes du maréchal Davoust qui, non content de repousser les assaillants, les met en déroule et les poursuit jusqu'à Nemiedel. Aimi notre aile droilc remportait un premier avantage. L"aile gauche, au contraire, était singulièrement menacée par un mouvement tournant : seules la présence d"c~prit de Napoléon et sa promptitude dans la décision purent sauver la situation. Il ordonna une véritable chàrge d'artillerie, qui, conduite par Macdonald, exécutée par Drouot et Lauriston, causa une e!îroyable panique dans les rangs autrichiens. Il n'y eut plus alors qu'à achever la victoire des deux ailes par une marche vigoureuse du centre. Oudinot et Masséna s'ébranlèrent donc à leur tour ~t les positions de Wagram et d'Essling fnrer.t enlevées en un élan terrible. De tous côtés les Autrichiens étaient débordés et ne pouvaient plus songer qu'à la retraite. Mais quelle tuerie ! Plus de vingt-cinq mille cadavres, de part et d'autre, Jonchaient le champ de bataille. A Paris, on rut en liesse et les théâtres eurent des manifestations enthousiastes: ks patriote5 d'alors hurlaient des chants de triomphe où ne se mêlait aucun regret pour les victimes. Est-ce que les gémissements des blessés pouvaient, à pareille distance, troubler la joie des spectateurs? Cependant, Napoléon ne songeait point à s'endormir sur ses lauriers. A peine prit-il le tèmps de lever sur les provinces conquises une contribution de deux cents millions que l'on courut à la poursuite de l'ennemi. L'archiduc Charles fut rejoint en BoMme et, le H juillet, à Znaim, se reconnaissant incapable de soutenir la bataille, demanda un armistice. Il rut signé le 12 juillet et les négociations commencèrent aussitôt, qui aboutirent au traité ùe Vienne ( 13-14 octobre 1809). Par ce traité, l'Autriche cédait à la France toutes ses provinces illyriennes, divers territoires à la SaAe el à la Bavière, les cercles de Zamosc et la Galicie occidentale au grand-duché de Pologne, les deux cercles de Solkiew et de Zloczow à la Russie. La Russie se trouvait ainsi payée sans avoir pourtant, malgré les traités, pris part à la campagne : elle n'était intervenue que pour forcer la main à François, hésitant à signer la paix. li fut stipulé de plus que le çontingcnt de l'armée autrichienne ne pourrait s'élever au delà de deux cent cinquante mille hommes et que la cour d'Autriche aurait à payer une contribution de guerre de 85 millions, sans préjudice des acomptes perçus sur celle de 200 millions frappée au lendemain de Wagram. A ne considérer que les apparences, la puissance napoléonienne était
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