Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

3i0 JIISTOllrn SOCIALISTK sur, thyli.,P ,,1 l'lktat », Dcbidour fait un tableau saisissant de celte servilitédu monde ecclésia,tique dans les premières années qui suivirent le Concordat. " De mème, dit-il, que les nobles émigrés, sOrs de sa faveur, accouraient en foule dans ses antichambres, !es réfractaires d'autrefois, certains de sa bi~nvcillance, briguaient les honneurs ccclé8iastiques dont il était le dispenrntcur. Les Boisgelin, les Boulogne, les Prudt et tant d'autres, qui jadis s'étaient gendarmés si fort contre la tyrannie de l'Assemblée constituante, hai,aient a,ec attendrissement une main que le sang du duc d'Enghien suuil_ !ail t'ncore. • li n'y a rien, disait brutalement Napoléon, que je ne puisse faire avec mes gendarmes el ru.es prNres. » De fait, les pré.lres ne le servaient pas moins aveugll·ment que les gendarmes. Les évêques cntretenaient, avec un zèle vraiment administratif, les sujets de l'Empire dans l'obéissance, comme dans l'admiration. Certain, d'entre eux, comme Bernier, ,ervaient d'au\iliaires à la police ou lui fournbsaient des agents. Tous, par leurs mandements, s'allachaient à fortifler l'amour du prince dans le. cœur des suiets. Ce" mandements, du reste, étaient rigoureusement soumis à la censure préalable du ministre ucs cultes, qui parfois en fournissait lui-même le canevas aux évèqucs. « Ils célébraient par ordre, et toujours sur le mode lyrique, les \icloire,;, les traité,, le, lois du maltre; la guerre, la paix, tout leur était matière à paue:;i rique. Les curés, sous leur surveillance, avaient pour tt\che d'anathématiser les Anglais, ces hérétique;;, et de démontrer aux populations rurales les bienfaits de la conscription. Si quclques-uus se montraient tièdes dans le ,en ice ou ;e permettaient parfois un léger bltune, une allw;ion déplaisante, l'empereur ne tardait pas à l'apprèndre; ces mal-pensants étaient vite mi, hors d'étal de mal faire par le mitüstre de la police qui, sans forme de procès, comme au IJeau temps de l'ancien régime, les emùa,tillail à \'inct•ntHs, à Fenestrelles, à l'ile Sainte-)larguerile ou dans quelque autre prison d'État. Point de concert pos;iùle entre les ml•mbres du clergé. L'empereur ne soulîrait guère qu'ils s·as,emblassent. li ne \Oulait pas non plus qu'ils lus,ent ou qu'ils écriyi;scul trop. Sïl a,ail à peu peu près étranglé la pres-e laïque, ce n'était pas pour rendre la \ ie et la liberté à la presse ecclésiastique. ~ous ,oyons par sa corre,pondance quïl en \'int, au commencement de 1806 à prcscrir~ que toutes les publications périodiques ayant un caractère religieux fus-ent réunies en une seule. Je Journal des Curés, qui parut alors son, l'étroite :;urvciÎlance de la police. La môme année, il instituait en principe l'Université, et décidait que le, emplois ecclésiastiques de quelque importance romme les cures de première classe) ne seraient donnés qu'aux candidats pourvus des grades qu'elle seule avait le droit de conférer, ajoutant que ces grarles pourraient être rerusés aux postulants connus poura1olr d<:, i<iées ultramontaines ou dangereuses à l'autorité. Onsait, du reste, que

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