Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

3û8 HISTOIIlt SOCJAL!STE tait pcniblemenl, quand Lannes 5urvinl fort à propos pour faire reculer les Aulrichiens. Mais il fallait des troupes fraiches pour gagner complètement la bataille, el Napoléon attendait avec impatience leur passage de la rive droite sur la rive gauche. Hélas I les ponts établis la nuit précédente se rompirent de nouveau et les troupes, e~ténuées par deux jours de bataille, sont de nouveau livrées à elles-mêmes, avec des munitions qui s'épuisent. Elles luttent pourtant avec un couras~ inouï, et c'est en vain que l'archiduc Charles essaye de les jeter dans Je Danube. Nous nous rnainllnmes finalement à Essling. ~lais quelle abominable tuerie I Lannes, frappé à mort par un boulet qui lui broye les deux geuoux, ~eut ,oir autour de lui seize mille Français morts ou râlants, et v1ngl mille Autrichiens 1 El c'est sur près de ~uaranle mille cadavres que Napoléon se hissa d'un échelon de plus vers le sommet de la gloire 1 Tout de même, la saignée avait été un peu trop profonde et l'effort épuisant : l'empereur jugea nécessaire de reprendre haleine pendant quelques semaines avant d'imposer à ses troupes de nouvelles épreuves. Le canon n'était point pour cela silencieux : il tonnait loujour, en Prusse, où un patriote, le colonel Schill, se faisait tuer à la tOte de quelques troupes; en Tyrol, où les mouvements insurrectionnels ne cessaient pas; en Pologne, où Poniatowski reprenait l'avantage; en Italie, où le prince Eugène et Macdonald guerroyaient avec des fortunes diverses. Les Français finirent ~ourlant, là aussi, par prendre un avantage dccisif, non loin de Leoben, et l'armée d'Italie put effectuer sa jonction avec celle de Marmont qui opérait en Dalmatie. Tandis que Napoléon laissait encore reposer la grande armée, il faut enrrgislrer une diversion tentée en Hongrie par le prince Eugène, la bataille de Raab, où les Autrichiens furent mis en déroute, le bombardement de Presbourg que Davvusl ne parvint pas à faire capituler, tant fui héroique la résistance de ,a garnison. Nous voici arrivés à la fin de juin, à la veille d'une nouvelle tentative de passage du Danube, préparée depuis la bataille d'Essling. Mais nous ne saurions nous engager dans le récit de celle remise en marche de la grande armée sans nous rappeler l'œuvre accomplie à Schœnbrunn pendant ces quelques semaines du repos impérial. Un é,·énemenl si capital se produisit qu'il faul y insister en une parenthèse assez étendue: nous 1•oulons parler de l'enlèvement du pape et de l'annexion des Etats de n:glise, prononcée i;ar décret daté de Vienne Je 17 mai 1800. Et ce sera l'occasion, sans nous renfermer dans l'ordre chronologique, d'étudier_les rapports de Napoléon avec la papaulé et l'Eglise pendant la deu1,ième partie du règne.

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